Bruxelles, 08/10/2009 (Agence Europe) - Par la voix de son porte-parole Lutz Güllner, Catherine Ashton déplore que les États-Unis ont décidé, jeudi 8 octobre, de demander à l'OMC de trancher leur vieux contentieux avec l'UE sur le poulet chloré, interdit à l'importation sur le marché européen depuis 1999. « Ce litige n'est pas la manière la plus appropriée pour résoudre un problème aussi complexe. Toutefois, puisque les États-Unis ont choisi cette voie, nous défendrons notre législation en matière de sécurité alimentaire, qui ne discrimine pas les produits importés », insiste la commissaire européenne au Commerce dans un communiqué. Washington, qui avait porté plainte à l'OMC contre l'UE en janvier dernier, a demandé à l'organe multilatéral qui régit le commerce mondial de constituer un groupe d'experts pour trancher la question, au vu de l'échec de leurs négociations avec les Européens sur le sujet, a fait savoir un peu plus tôt le représentant au Commerce extérieur américain, Ron Kirk. L'administration américaine conteste les règles communautaires sur l'hygiène et le marketing de la volaille, en vertu desquelles les abattoirs peuvent utiliser uniquement de l'eau ou d'autres substances approuvées pour rincer les produits à base de viande, afin de diminuer leur contamination bactérienne (traitement antimicrobien, ou AMT). Applicable à tous les produits à base de viande, importés ou non, vendus dans l'UE, cette règle est un des éléments d'un arsenal législatif plus large assurant un haut niveau de sûreté dans toute la chaîne alimentaire, de la ferme à la table, rappelle la Commission européenne. Les États-Unis ont soumis des demandes pour approbation de certaines substances utilisées sur leur territoire pour le nettoyage des carcasses de volaille, qui sont principalement des substances à base de chlore, mais l'UE a rejeté l'approbation de ces substances en 2008. Les importations dans l'UE de poulets américains sont marginales depuis 1997, date du retrait de ses listes d'abattoirs autorisés de plusieurs établissements américains qui se sont avérés en non-conformité avec les normes communautaires. En 2008, l'UE a importé des pays tiers, le Brésil et la Thaïlande principalement, plus de 890 000 tonnes de volaille. (E.H.)