Bruxelles, 08/10/2009 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 8 octobre, une résolution sur le Sommet du G20, les députés ont salué les décisions prises par les principaux dirigeants mondiaux (EUROPE n° 9986). Après le débat organisé en plénière avant la réunion des 24 et 25 septembre (EUROPE n° 9978), la présidente de la commission parlementaire du développement, Eva Joly (Verts-ALE, française), avait dénoncé le choix du PE de reporter le vote sur la résolution à une date ultérieure au Sommet, estimant que les députés se contentaient du rôle de simple commentateurs des résultats. Le texte adopté jeudi passe ainsi en revue les principaux points évoqués à Pittsburgh, il y a deux semaines, et clarifie certaines attentes du Parlement.
Satisfaits de l'engagement pris de ne pas supprimer de façon prématurée les incitations mises en place pour soutenir la croissance, les députés appellent aussi à l'élaboration de stratégies de sortie des déficits efficaces, mais sans évoquer de date pour leur déclenchement. Ils se contentent d'indiquer que ces stratégies devraient pouvoir être mises en œuvre rapidement « dès que la reprise le permettra ». Priorité doit être donnée au rétablissement de la croissance, mais aussi et surtout à l'emploi, soulignent les parlementaires, qui approuvent l'engagement du G20 de lutter contre la crise de l'emploi au niveau international et de renforcer les soutiens à l'égard des plus vulnérables.
Ils déplorent en revanche l'évaluation insuffisante des principales défaillances de la réglementation et de la supervision ayant causé la crise financière, ainsi que le manque de progrès concernant le financement de la lutte contre le changement climatique. Et d'appeler à « des progrès rapides » pour que le secteur financier prenne une juste part dans la relance et le développement de l'économie, notamment par l'élaboration d'un cadre international pour une taxe sur les transactions financières. Se félicitant des appels et des promesses du G20 en vue d'un renforcement de la surveillance et de la régulation, le PE estime notamment que « l'UE devrait s'efforcer de mettre en place une architecture de surveillance financière plus puissante avec l'objectif de se doter d'une autorité de surveillance financière unique ». Les efforts réalisés pour lutter contre les juridictions non coopératives (paradis fiscaux) sont notables, « mais pas encore suffisants », expliquent encore les députés, qui invitent la Commission à transposer rapidement en actes législatifs communautaires contraignants les engagements pris lors du G20 sur les bonus.
Alors que les discussions sur une redistribution des quotas et un rééquilibrage au profit des pays émergents au sein des institutions financières mondiales gagnent en vigueur, le PE évoque aussi la question de la représentation externe de l'UE (mais pas explicitement au sein du Fonds monétaire international). Il estime ainsi que « la représentation de l'Union européenne aux réunions du G20 doit faire l'objet d'un débat approfondi entre les trois grandes institutions de l'Union et les États membres » et se dit « convaincu que l'Union européenne doit parvenir à une position commune dans les instances internationales, en particulier pour les réunions du G20 ». Et d'insister sur « la nécessité d'une représentation plus cohérente de l'Union dans les négociations internationales ». (A.B.)