Bruxelles, 07/10/2009 (Agence Europe) - Les députés européens ont regretté, mardi 6 octobre, l'absence de progrès réalisés sur plusieurs propositions en matière d'asile sur la plupart desquelles le Parlement a adopté sa position en première lecture en mai 2009 (EUROPE n° 9897). Les parlementaires ont réitéré leur souhait de voir une solidarité effective s'établir entre les États membres de l'UE, notamment grâce à la création d'instruments obligatoires pour aider les États membres accueillant un grand nombre de demandes d'asile. « Je ne veux pas entendre parler de mesures volontaires », a déclaré Jeanine Hennis-Plasschaert (ADLE, néerlandaise), rapporteur sur la révision du règlement de Dublin, lequel permet de déterminer l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile. Jusqu'à présent, le Conseil préconise un système de partage volontaire avec les États membres situés aux frontières méridionales de l'UE, tandis que le PE veut une solidarité obligatoire. « Nous devons trouver un équilibre entre de meilleures conditions pour les migrants et la rapidité des procédures », a répondu le représentant de la présidence du Conseil. « La solidarité volontaire est vraiment une plaisanterie. Certains pays ne veulent pas aider », a déploré Simon Busuttil (PPE, maltais). Sur la révision de la directive concernant les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, le rapporteur Antonio Masip Hidalgo (S&D, espagnol) a demandé pourquoi la proposition était dans « une impasse » au Conseil. « Nous devrions traiter cette question avec célérité », a-t-il dit. Le représentant du Conseil a répondu que les États membres étaient encore loin d'avoir défini une position commune qui pourrait faire l'objet de discussions informelles avec le Parlement. Le rapporteur sur le projet de création du Bureau européen de soutien en matière d'asile, Jean Lambert (Verts/ALE, britannique), a expliqué que le rôle du PE au sein de l'Office était encore un sujet de désaccord avec le Conseil, tout comme le degré d'implication de la société civile (EUROPE n° 9989). « Certains États membres ont des difficultés à traiter de cette question dans le cadre de la codécision », a-t-elle précisé. Sur le projet de révision du règlement Eurodac, la Commission européenne a présenté une nouvelle proposition qui permettrait aux autorités répressives d'accéder à la base de données. Monica Luisa Macovei (PPE, roumaine) a fait valoir que ces règles d'accès devaient être clarifiées. Sophie In't Veld (ADLE, néerlandaise) a pour sa part demandé plus de garanties sur le fait que ces données ne soient pas accessibles aux pays tiers. Quant à la proposition relative à un programme européen de réinstallation des réfugiés en provenance de pays tiers, la question est la suivante, a déclaré le rapporteur du dossier, Rui Tavares (GUE/NGL, portugais). « Comment rendre ce programme attrayant aux États membres? ». Quant aux personnes réinstallées, « que leur arrive-t-il ensuite? », s'est-il inquiété. (B.C.)