Bruxelles, 24/09/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne souhaite améliorer les capacités européennes de recherche sur les drogues illicites en vue de rendre plus efficaces les politiques en la matière. « Les responsables politiques réclament à la communauté scientifique des données et des analyses fiables afin de pouvoir développer des politiques efficaces », a indiqué, jeudi 24 septembre, Jacques Barrot, le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité. « L'Union dispose d'une quantité appréciable de données sur la drogue, mais des informations importantes nous manquent », a-t-il constaté, à l'ouverture d'une conférence de deux jours à Bruxelles, intitulée « Combler les lacunes en matière de recherche en Europe dans le domaine des drogues illicites ». Selon lui, l'UE doit prendre davantage de mesures pour renforcer la capacité et la coopération entre les responsables politiques et la communauté des chercheurs. « De la criminologie à la médecine, la recherche sur la drogue illicite couvre de nombreux domaines et disciplines. Or, nous avons une image assez fragmentée de la situation dans les États membres et au niveau de l'Union », a-t-il dit. Pourtant, les professionnels qui travaillent dans le domaine de la santé, de l'enseignement et dans les services sociaux ont besoin de connaissances directement exploitables pour la prévention et le traitement, a-t-il expliqué. « La recherche scientifique doit également fournir des réponses aux besoins opérationnels des services de police, de douanes, de renseignements, qui ont besoin d'une meilleure analyse des marchés des drogues, mais aussi de technologies de pointe pour lutter contre la production et le trafic », a encore estimé le commissaire. Même si la consommation de drogue au sein de l'Union semble se stabiliser depuis quelques années, son niveau reste « inacceptable » car elle coûte trop cher en vies gâchées et ressources perdues, a souligné M. Barrot. Les chiffres de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies montrent que, toutes les heures, un citoyen européen meurt d'une overdose. Chaque année, entre 7000 et 8000 décès sont dus à la drogue en Europe. Pour lutter contre ce fléau, l'UE a mis en place une stratégie ainsi qu'un plan d'action pour la période 2009-2012. Ce plan vise à réduire la demande et l'offre de drogue, à renforcer la coopération internationale, à améliorer la compréhension du problème, à améliorer la coordination et la coopération et à sensibiliser l'opinion publique. Le plan d'action consacre aussi un chapitre à la recherche et à l'évaluation. (B.C.)