Bruxelles, 15/09/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, a indiqué, mardi 15 septembre, qu'il proposerait, début 2010, le renforcement de l'agence européenne aux frontières extérieures de l'UE (Frontex). « Nous avons la volonté d'optimiser et de renforcer le rôle de Frontex dans la coopération aux frontières», a déclaré M. Barrot, lors d'un débat sur la politique européenne d'immigration au Parlement européen, à Strasbourg. Le commissaire a donc annoncé qu'il présenterait un projet de modification du mandat de l'agence. « Nous sommes aussi en train de voir comment Frontex peut organiser le rapatriement des migrants irréguliers », a-t-il ajouté. Il a également rappelé que le droit au non refoulement devrait être respecté et qu'il fallait mettre en place des règles interprétatives relatives au droit international et au droit communautaire à propos de l'interception des migrants en mer. De son côté, le ministre suédois de l'Immigration, Tobias Billström, a appelé à exploiter au mieux les ressources financières allouées à Frontex. Selon lui, l'agence devrait aussi pouvoir coopérer avec les autorités de contrôle aux frontières des pays tiers. Concernant la coopération avec les pays tiers, M. Barrot a rappelé avoir envoyé une lettre en juillet aux autorités libyennes pour leur proposer une assistance en matière de gestion des flux migratoires, et notamment de lutte contre l'immigration illégale, d'identification des migrants et de protection internationale. « J'attends avec impatience la réponse à notre lettre » pour entamer une coopération, a lancé M. Barrot. Vis-à-vis de la Turquie, le commissaire a annoncé l'actuelle présence à Ankara de son directeur général, Jonathan Faull, qui négocie un cadre de coopération portant sur la réadmission des migrants irréguliers et sur la protection internationale des réfugiés. « Si ces deux pays veulent bien répondre à nos offres, nous pourront nous y rendre avant la fin de l'année avec la présidence », a dit M. Barrot. Il a enfin évoqué le lancement du projet pilote au bénéfice de Malte dans le cadre duquel la France a déjà accepté de réinstaller 100 réfugiés sur son sol. « Je voudrais que ce geste soit aussi imité par d'autres États membres », a-t-il espéré. Le commissaire a enfin indiqué avoir reçu une réponse des autorités italiennes contenant des explications sur les refoulements opérés cet été vers la Libye de potentiels demandeurs d'asile. Ses services procèdent actuellement à l'analyse de cette réponse. Le député maltais Simon Busuttil (PPE) s'est dit satisfait de la baisse du nombre de migrants ayant tenté cet été de rejoindre les côtes européennes. Selon lui, ce résultat est dû au rapatriement des migrants par l'Italie, une méthode qui a également eu pour effet de frapper durement les filières de passeurs. Mais, pour Sonia Alfano (ADLE, italienne), la baisse du nombre de ces arrivées est tout simplement due à l'augmentation du nombre de morts en Méditerranée. « Refouler les migrants en Libye est inacceptable », a-t-elle dit. Plusieurs députés, à l'instar du Grec Stravros Lambrinidis (S&D), ont également vivement réagi contre le harcèlement d'hélicoptères et de navires de Frontex par les autorités turques. (B.C.)