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Bulletin Quotidien Europe N° 9977
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/prÉsidence

Dans son allocution inaugurale, M. Buzek a plaidé en faveur de la solidarité et de l'ouverture

Bruxelles, 15/09/2009 (Agence Europe) - « Dans l'Union, il n'y a plus d'anciens et de nouveaux, nous sommes tous liés par une responsabilité commune », a affirmé Jerzy Buzek, mardi 15 septembre à Strasbourg, dans son allocution inaugurale en tant que treizième président directement élu du Parlement européen. Le dernier président désigné du PE avant l'élection directe, Emilio Colombo, était présent, ainsi que Nicole Fontaine, Egon Kepsch, Klaus Hänsch, Enrique Baron, José-Maria Gil-Robles et Hans-Gert Pöttering.

Cette Europe doit être forte, et les citoyens doivent la percevoir comme telle ; des difficultés existent, mais, comme l'a dit Hannah Arendt, « la politique est le seul domaine en dehors de la religion dans lequel les miracles sont possibles ». L'Union devra répondre à une série de défis, en particulier la crise économique, le sujet « le plus difficile et le plus douloureux ». L'UE ne réussira dans cette tâche que si elle défend la solidarité et la cohésion sociale, a dit le président du PE. La lutte contre le chômage est la priorité de la Présidence suédoise, et le Parlement la soutiendra.

M. Buzek a souligné aussi le besoin de mobiliser le potentiel intellectuel et de travail des femmes, qui « ne doivent pas être contraintes à sacrifier leur carrière pour élever leurs enfants ». De même, il a plaidé pour une position ouverte sur l'immigration, favorisant l'intégration des immigrés, qui devront être prêts à leur tour à faire un effort dans ce sens. Autre défi: la crise énergétique et le défi climatique. Les liens entre les réseaux gaziers et électriques doivent être renforcés, dans l'immédiat, sans oublier le but d'une politique énergétique commune (son moment est venu, a estimé M. Buzek) et en acceptant une « révolution verte basée sur une éthique de l'autolimitation ». S'agissant de l'action extérieure de l'UE, M. Buzek est décidé à soutenir les progrès sur tous les volets, qu'il s'agisse de politique de voisinage, du partenariat transatlantique, des relations avec la Russie, la Chine, l'Inde et les pays émergents, de la solution du conflit au Moyen-Orient, des élargissements (« une stratégie politique qui a bien fonctionné »), ou encore des missions dans le cadre de la PESD.

Réforme du PE. M. Buzek soutient un partenariat avec la Commission et souhaite une revitalisation des débats du Parlement, à travers une série de mesures qu'il va proposer. « Nos relations avec les 27 parlements nationaux devraient se développer ». En ce qui concerne la protection des droits de l'Homme et d'un système de valeurs, le président du PE a regretté les tensions entre Slovaquie et Hongrie sur le problème des minorités: il serait prêt à contribuer à la recherche d'une solution.

Les propos de M. Buzek, « cet homme symbolique de l'Europe réunifiée », ont obtenu l'adhésion totale du président du PPE, Joseph Daul, qui a dit souhaiter un PE « davantage en phase » avec les citoyens. Pour le groupe S&D, Martin Schulz a rappelé que « pour la première fois, nous ne sommes plus une maison où les convictions européennes sont soutenues par la majorité…Il y a eu une augmentation dramatique des parlementaires qui veulent revenir sur l'intégration et prônent la renationalisation ». Pour cette raison, M. Schulz est heureux d'entendre un président qui demande davantage d'Europe.

Selon le dernier sondage Eurobaromètre, l'institution dans laquelle les citoyens ont le plus confiance est notre parlement, a affirmé le président de l'ADLE, Guy Verhofstadt: essayons de justifier cette confiance. D'accord sur le message de solidarité, la co-présidente des Verts/ALE, Rebecca Harms, a insisté sur l'analyse que son groupe fait de la crise financière: nous ne croyons pas qu'elle soit exclusivement la responsabilité de « banquiers fous »: c'est l'ultralibéralisme prôné par certains qui y a contribué.

Des opinions différentes sont représentées dans ce Parlement, et ceux qui nous ont élus savent pour qui ils votaient, a déclaré Michal Tomasz Kaminski, président du groupe des Conservateurs et réformateurs européens (ECR), dans une réplique évidente à M. Schulz, alors que Eva-Britt Svensson, pour le groupe confédéral de la gauche européenne, a estimé que la solution des crises ne doit pas être recherchée dans les politiques du passé, et qu'il ne faut surtout pas privatiser les activités publiques. Bruno Gollnisch (Front national) a invité le PE à une « autolimitation de ses compétences ». (L.G.)

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