login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9967
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/israËl/palestine

Le scénario de relance des négociations se précise - M. Solana apporte son appui au plan palestinien pour la création d'un État

Bruxelles, 01/09/2009 (Agence Europe) - Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité, de passage lundi 31 août en Israël dans le cadre de sa tournée dans la région, a affiché son optimisme quant à une possible relance du processus de paix avec les Palestiniens. « Il y a de réelles chances d'aboutir à une relance concrète », a-t-il affirmé estimant que des rapprochements des points de vue sont attendus entre tous les acteurs dans ce dossier, Israël, la Palestine mais aussi avec les Américains, les Européens et plus généralement les membres du Quartette, dont une réunion est envisagée dans moins de deux semaines en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Malgré les dénégations du Premier ministre israélien, qui vient d'achever une visite à Londres et Berlin, à la recherche d'appuis pour un compromis qui lui permettrait de ne pas geler totalement l'expansion des colonies, M. Solana a laissé entendre à la presse qu'un échéancier est à l'étude et qui devrait permettre de réunir les conditions d'une relance crédible et durable du processus de négociation entre Israéliens et Palestiniens. « Il importe de ne pas rater cette chance », a-t-il dit ajoutant que « les partenaires au sein du Quartette travaillent de concert à cette fin » et exercent une « pression conjointe pour le gel des colonies ». Tony Blair, représentant du Quartette, était en même temps en visite en Israël. Le « Jerusalem Post » rapporte toutefois une déclaration de M. Netanyahu selon laquelle « il n'y a pas d'accords ou de décisions. Il y a des rumeurs sans fondement et une tentative de combler les lacunes ».

M. Solana a été reçu par le chef de l'État, Shimon Peres, et le Premier ministre Netanyahu ainsi que par le ministre des Affaires étrangères. Même si Avigdor Lieberman est considéré comme étant en marge d'une négociation avec Washington et l'UE qui se déroule sous l'égide, principalement, de Benyamin Netanyahu et Ehud Barak, M. Peres a affirmé que les perspectives d'un règlement et l'aboutissement à la solution des deux États, prônée par la communauté internationale sont moins tributaires du gel de la colonisation que du besoin de renforcer les structures palestiniennes pour qu'elles soient aptes à gérer un État. Son pays serait disposé à contribuer à lever cet obstacle. Le Haut représentant européen a, lors de ces entretiens, formellement déclaré l'appui de l'UE au programme de gouvernement rendu public en fin de semaine dernière par le Premier ministre palestinien Salam Fayyadh. « Nous souhaitons vivement que la prochaine Assemblée générale de l'ONU accorde la possibilité de créer un tel État » palestinien, a-t-il ajouté. Il l'a redit lors d'un point de presse notamment au côté de M. Lieberman, lequel s'y est déclaré opposé en mettant en garde contre l'acceptation d'une telle initiative « unilatérale ». Le scénario d'une proclamation d'un État palestinien, non acceptée par Israël, mais qui jouirait d'une caution internationale, à la faveur de la grande réunion annuelle de l'ONU, semble se préciser. Dans cette voie, les Palestiniens appellent « la communauté internationale à prendre ses responsabilités ». Nabil Shaat, le négociateur palestinien, affirme la volonté de Mahmoud Abbas, de renouer les fils du dialogue avec Israël sans imposer des conditions préétablies, sauf celles de ne pas balayer tout l'acquis des phases de négociation passées dont le gel total des colonies. « Nous n'allons pas repartir de zéro », a-t-il dit. M. Solana s'est ensuite rendu à Ramallah où il a rencontré le Premier ministre palestinien avec lequel il a évoqué le nouveau programme de gouvernement et son interlocuteur a insisté sur l'urgence de lever le blocus sur le territoire de Gaza afin d'y favoriser la reconstruction et la remise en état des biens et des services.

Mais la volonté de relance du processus de paix demeure, dit M. Shaat, tributaire des pressions qu'exercera la communauté internationale et, en particulier les États-Unis, pour donner des bases sérieuses à la relance. « Tout dépend d'Obama », a souligné M. Shaat à l'unisson de tous les spécialistes de la région qui affirment que pour le nouveau président américain, cette épreuve sera déterminante pour vérifier la crédibilité et la force de son engagement pour instaurer la paix dans la région, alors qu'il est enlisé aussi bien dans le dossier afghan que dans celui du nucléaire iranien. Des commentaires font cependant état d'une relative baisse de la pression américaine sur la question des colonies pour ne pas embarrasser M. Netanyahu vis-à-vis des membres de sa coalition intérieure. Des « dérogations » seraient permises et, selon la presse israélienne, M. Abbas n'aurait guère d'autre choix que de l'accepter, même si Nabil Shaat affirme avoir déjà une réponse toute trouvée pour l'administration américaine: « Je dirais: Monsieur Obama, nous vous aimons... mais je suis navré, ce n'est pas suffisant pour nous impliquer dans un véritable processus de paix ». (F.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES