Bruxelles, 01/09/2009 (Agence Europe) - À l'issue d'une rencontre à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont annoncé qu'ils enverraient, mardi 1er septembre 2009, une lettre conjointe à la Présidence suédoise sur leurs priorités en vue du Sommet du G20 des 24 et 25 septembre à Pittsburgh. L'objectif de cette initiative est d'engranger sur le thème des bonus financiers des progrès similaires à ceux enregistrés lors du Sommet de Londres début avril en matière d'échange d'informations fiscales. « Nous nous sommes réunis aujourd'hui principalement pour préparer ensemble la réunion du G20. (…) L'Allemagne et la France ont décidé de prendre une initiative commune en direction de la Présidence suédoise: nous allons envoyer (ce mardi) une lettre et qui militera pour une position commune de l'UE », a déclaré Mme Merkel à l'issue de la rencontre. Plaidant pour une mise en œuvre complète des décisions du Sommet de Londres (EUROPE n°9875), elle a cité « deux domaines » où des progrès sont « absolument » nécessaires: - « aucune banque ne doit atteindre une dimension telle qu'elle puisse se retrouver dans la situation de faire chanter les gouvernements » contraints de la renflouer afin d'éviter l'effondrement du système financier ; - « les bonus » versés aux professionnels de la finance pour empêcher que les banques ayant failli se comportent à nouveau comme si la crise financière n'avait pas eu lieu.
« L'Allemagne et la France veulent qu'à Pittsburgh les choses changent, et que la communauté internationale comprenne que les excès de la spéculation et de la finance, qui ont conduit à la crise, ne puissent pas reprendre comme s'il ne s'était rien passé. (...) Nous voulons mettre un terme au scandale des bonus », a enchaîné le président Sarkozy. En Allemagne, les mesures portent sur les bonus des dirigeants de grandes banques qui ne peuvent être versés qu'à l'issue d'une période de quatre ans. Le régulateur bancaire allemand a adopté des critères qui lient la prise de risque financier et le versement de bonus, des exigences plus élevées en capital pouvant être imposées aux banques qui prennent des risques démesurés. En France, les mesures annoncées concernent les bonus versés aux traders qui sont liés à la performance sur une période donnée (principe du bonus malus). Les deux pays envisagent de reprendre à leur compte les mesures adoptées par l'autre partenaire. « Que les choses soient claires: nous appliquerons ces mesures quelles que soient les décisions des autres », a déclaré M. Sarkozy en mettant en garde « ceux qui ne voudraient pas faire le même effort de régulation » contre le jugement de « l'opinion publique internationale ». Il a fait savoir que le Conseil européen extraordinaire convoqué pour définir la position européenne au Sommet du G20 discuterait des propositions franco-allemandes jeudi « 17 septembre ». (M.B.)