login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9944
Sommaire Publication complète Par article 18 / 37
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil informel jai

La Commission examine l'affaire des visas imposés par Ottawa aux citoyens tchèques

Stockholm ; 16/07/2009 (Agence Europe) - Avant de se prononcer, la Commission européenne va essayer de comprendre pourquoi le Canada a décidé d'imposer des visas aux citoyens tchèques, a déclaré, jeudi
16 juillet à Stockholm, le commissaire européen à l'Immigration, Jacques Barrot. « Nous devons examiner les griefs formulés par le Canada contre la République Tchèque et vérifier s'ils sont fondés ou non avant de réagir », a-t-il indiqué, à l'issue d'une réunion avec les ministres de l'Intérieur de l'UE. « Il serait paradoxal que des citoyens de l'UE soient obligés de demander l'asile dans un pays tiers pour des raisons de discrimination », a-t-il ajouté. « S'il s'avère que la décision du Canada n'est pas fondée, alors, à ce moment- là, nous imposerons au Canada les règles de la réciprocité », à savoir la réintroduction de l'obligation de visas pour les Canadiens voyageant vers l'UE, a-t-il averti. « Les critiques du Canada portent sur la situation de certaines personnes de la communauté Rom et le sort qui leur est réservé en République tchèque », a rappelé M. Barrot. Le Canada impose depuis mardi dernier des visas d'entrée sur son sol aux ressortissants de République tchèque et du Mexique pour lutter contre l'afflux des demandes d'asile faites par leurs ressortissants (EUROPE n° 9942). Les autorités tchèques ont vivement réagi auprès de leurs partenaires européens en leur demandant de réintroduire des visas pour les ressortissants canadiens. À ce stade, elles ont décidé d'imposer des visas aux détenteurs de passeports diplomatiques canadiens. Prague menace aussi de réintroduire unilatéralement l'obligation de visa pour tous les citoyens canadiens, mais cette mesure enfreindrait les règles de Schengen. L'affaire est très sensible car si les accusations portées par le Canadas sont confirmées, à savoir des discriminations au sein d'un pays de l'UE contre des citoyens de l'UE, ce « serait une honte pour l'Europe », selon une source européenne. Le problème est que l'asile au Canada est géré par une autorité indépendante qui estime que l'État dont les demandeurs d'asile sont ressortissants doit les protéger contre les groupes qui les menacent. D'autre part, c'est un système d'asile très généreux où 40% des demandes sont acceptées, ce qui explique l'inquiétude des autorités canadiennes. La Commission dispose d'une période de 3 mois pour tenter une médiation et sortir de l'impasse. « Au final, on voit mal l'UE imposer des visas à l'encontre des Canadiens. La solution appartient plutôt aux Tchèques qui devront faire rapidement des efforts envers la minorité Rom», a souligné cette source. Deux tiers des Roms tchèques déclarent avoir été victimes de discrimination au cours des 12 derniers mois, soit plus que dans tous les pays de l'UE, selon l'Agence de l'UE pour les droits fondamentaux. (B.C.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
SUPPLÉMENT