Bruxelles, 07/04/2009 (Agence Europe) - Le dernier examen par l'OMC de la politique commerciale de l'UE, 9ème édition, n'adresse pas uniquement des louanges à l'UE pour son multilatéralisme et son soutien aux pays en développement, dont s'est réjouie la Commission européenne, lundi 6 avril (EUROPE n° 9877). Il souligne aussi qu'il faut, pour favoriser la reprise de l'économie européenne comme de l'économie mondiale, que l'UE poursuive l'ouverture de ses marchés agricoles et de son secteur des services.
« Pour consolider la reprise et assurer la durabilité de la croissance, il est impératif que l'UE poursuivre ses réformes structurelles fondamentales. Ces réformes consistent en une plus grande libéralisation des services tant à l'intérieur de l'UE que vis-à-vis des pays tiers, une plus grande libéralisation de la politique agricole par la simplification de la structure tarifaire et la réduction des droits de douane élevés, et l'octroi d'incitations à la production et à l'exportation de produits agricoles », insiste l'OMC.
La libéralisation du secteur des services, « colonne vertébrale » de l'économie européenne, reste la priorité en vue de la création d'un véritable marché intérieur d'ici fin 2009, relève le rapport. Malgré les réformes en cours dans les secteurs des télécommunications, des services financiers, de la poste et du transport, l'OMC déplore l'absence d'une politique de marché unique pour beaucoup d'autres secteurs comme le tourisme, la distribution, la construction, l'ingénierie et les agences pour l'emploi. L'OMC déplore aussi le haut degré de protection et de subventions, notamment à l'exportation, dont bénéficie le secteur agricole européen, qui a absorbé en 2006 près de 46% du budget de l'UE. Sont aussi critiquées les nombreuses restrictions de nature technique, sanitaire, phytosanitaire ou écologique, aux importations de produits agricoles dans l'UE.
Enfin, tout en louant l'UE pour son multilatéralisme, qu'illustre son engagement dans les négociations de Doha et en faveur de l'intégration des pays en développement dans le système commercial international, l'OMC critique l'extension du réseau d'accords de libre-échange bilatéraux et régionaux de l'UE à cause de leurs « éléments discriminatoires ». Elle recommande donc aux Vingt-sept de concentrer leurs efforts sur la voie multilatérale, dont les avantages sont, rappelle-t-elle, « potentiellement plus importants ».
L'engagement de l'UE en faveur de l'approche multilatérale en politique commerciale est d'autant plus important que son influence sur l'économie mondiale est très forte. Première exportatrice mondiale, deuxième importatrice de marchandises, plus grande productrice de services et investisseur net dans le reste du monde, l'UE représente 17% du volume des échanges mondiaux. Pour l'OMC, il est donc essentiel que l'UE « [continue] à donner au commerce un rôle primordial pour diminuer la durée du ralentissement économique mondial actuel et relancer la croissance ». (E.H.)