Bruxelles, 19/02/2009 (Agence Europe) - Le Parlement européen a débattu, mercredi 18 février à Bruxelles, du rapport sur « Le Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée » élaboré par Pasqualina Napoletano (PSE, italienne) et un large consensus paraît s'être dégagé sur les principes, les objectifs et les précautions à prendre pour éviter que soient commises, dans le cadre de l'UpM, les mêmes erreurs qui avaient conduit au blocage du processus de Barcelone (lire aussi EUROPE n° 9842). En adoptant le rapport Napoletano à une écrasante majorité (521 pour, 44 contre et 13 abstentions), le Parlement européen approuve l'UpM, mais met en garde contre le rejet de l'acquis constitué depuis 1995 (Déclaration de Barcelone). Il insiste également en faveur d'une plus forte implication des parlementaires, de la société civile et collectivités locales. Le Parlement se prononce aussi à nouveau pour la création d'une banque euro-méditerranéenne.
À l'ouverture de la séance, le rapporteur a fait une présentation succincte des axes d'une coopération basée sur « la volonté de renforcer le dialogue » dans tous les domaines, mettant en exergue le rôle que doit jouer l'APEM (l'Assemblée parlementaire EuroMed) en particulier pour sortir des « situations délicates » qui ont abouti à la mise en panne du processus. Les structures parlementaires doivent, dit-elle, « aider à sortir de l'impasse » mais « tout dépend en fait du gouvernement israélien ». Sur le rôle dévolu aux institutions européennes, Mme Napoletano espère que la mise en œuvre du traité de Lisbonne permettra de dissiper les équivoques et elle compte sur la Suède, présidente en exercice de l'UE au second semestre de cette année, « pour reprendre à son compte la sensibilité » manifestée par la République tchèque.
L'engagement de l'actuelle présidence de l'UE pour une relance durable du processus EuroMed a été aussitôt confirmé par Alexandr Vondra, vice-Premier ministre sans citer une seule fois la France co-présidente de fait de l'UpM et absente des débats autant que le président de l'APEM. M. Vondra a affirmé que la République tchèque en a fait sa priorité et plaide pour une coopération axée sur les projets régionaux, tout en précisant, que du point de vue de son pays, l'UpM « n'est pas le seul mécanisme de coopération » avec la région. Il cite également la politique de voisinage axée sur le bilatéral et qui « encourage les réformes » dans les pays partenaires. Cette politique a aussi l'avantage de comporter une « dimension orientale ». M. Vondra souligne à ce sujet la nécessité d'un « développement parallèle » en direction des voisins de l'Est comme du sud. Il a aussi évoqué les blocages qui résultent de la situation politique de la région affirmant la volonté de contribuer à une sortie de l'impasse. La volonté de l'UE serait disposée à jouer un rôle actif lors de la conférence des donateurs, début mars en Égypte, pour la reconstruction de Gaza.
À sa suite, Benita Ferrero-Waldner, la commissaire aux Relations extérieures, a salué la « contribution positive » du rapport Napoletano, et son apport « à la définition d'une politique euroméditerranéenne cohérente » qui respecte « l'acquis du processus de Barcelone » et renforce le caractère paritaire du dialogue. Elle a aussi souligné le devoir, pour la partie européenne au sein de l'UpM, de « respecter les méthodes communautaires » de prise de décision et elle a rappelé les différents axes de la coopération qu'elle appelle de ses vœux mais qui ne peut se déployer dans « un vide politique » suscité par la crise de Gaza. Les représentants des différents groupes politiques, sauf le groupe GUE/NGL, ont apporté leur appui au rapport avec quelques observations, notamment du côté de l'ADLE, de ne pas faire de l'UpM une alternative à l'adhésion turque. Presque tous les intervenants ont rappelé la mission de paix et de contribution à la stabilité et à la prospérité de la région euroméditerranéenne que représente l'UpM.
En réponse aux eurodéputés, M. Vondra a redit son espoir d'une relance rapide des travaux en mars par des conférences sectorielles. « Les ressources sont là, nous sommes prêts. Il faut juste passer le cap mais Gaza est une réalité ». Mme Ferrero-Waldner a consacré son intervention finale à un point qui suscitera sans doute des commentaires: elle a replacé l'UpM « dans le cadre de la politique de voisinage » laquelle comporte, a-t-elle rappelé, des volets traitant de la coopération avec la mer Noire et la Baltique. Cela permettrait un traitement égal entre toutes ces régions de la proximité européenne. Elle a, par ailleurs, affirmé la primauté des institutions européennes dans la prise de décision dans le cadre de l'UpM, le futur secrétariat ayant un rôle de gestion des projets et la recherche de partenaires pour leur réalisation. Elle a annoncé la mise en place, prochainement, d'un comité de rédacteurs pour façonner les statuts de ce secrétariat. (F.B.)