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Bulletin Quotidien Europe N° 9832
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/commerce

Un succès du cycle de Doha est vital, insiste Catherine Ashton

Bruxelles, 03/02/2009 (Agence Europe) - Inquiets du contexte de crise actuelle, propice à la résurgence d'un certain protectionnisme, les députés européens ont réitéré, lundi 2 février, leur appel à un accord sur le cycle de Doha. La Commission européenne y travaille, mais un succès futur dépend beaucoup d'un rapprochement des positions américaines, indiennes ou chinoises, notamment sur le mécanisme de sauvegarde spéciale pour les pays en développement. Une issue favorable risquerait toutefois de pâtir d'un signal protectionniste des États-Unis, qui envisagent de protéger leur industrie sidérurgique. La clause « Buy American » qui est discutée par le sénat américain dans le cadre du plan de relance de 900 milliards de dollars, inquiète en effet les Européens. L'ambassadeur de l'UE aux États-Unis a d'ailleurs mis en garde contre les effets d'une telle mesure, contraire aux engagements du G 20 lors du Sommet de Washington en novembre dernier et qui risquerait de déclencher une spirale protectionniste à travers le monde.

En dépit de l'échec de la conférence ministérielle de l'OMC à Genève en juillet, un accord était pratiquement mûr, a estimé la commissaire au Commerce, Catherine Ashton, qui juge que « 80% de ce qui était à faire avait été fait ». Soulignant l'importance de maintenir les marchés ouverts, elle a estimé que le coût d'une remise en cause des règles de l'OMC s'élèverait à 260 milliards d'euros. Dès lors, « parvenir au terme du cycle de Doha est d'une importance vitale pour nous tous ». De retour de Davos, où les ministres du Commerce présents ont réaffirmé « la nécessité de retourner à la table des négociations », la commissaire a souligné quelques éléments politiques déterminants: les résultats de la réunion du G20 le 2 avril à Londres, l'issue des élections législatives indiennes en avril, l'orientation de la politique commerciale de la nouvelle administration américaine. Parmi les questions en suspens, de nouvelles propositions sont envisagées sur le mécanisme de sauvegarde spéciale et le dossier du coton reste encore à boucler, a-t-elle rappelé. « Nous sommes à une croisée des chemins », a insisté Mme Ashton, mais « avec un peu de volonté politique, je suis persuadée que tous ces problèmes trouveront une solution ».

Pour Georgios Papastamkos (PPE-DE, grec), « nos partenaires sont beaucoup moins ouverts que nous » et le maintien d'entraves non douanières est particulièrement préjudiciable. Glyn Ford (PSE, britannique) a le premier espéré « une révision de la politique commerciale » de la part de la nouvelle administration Obama, insistant aussi sur l'engagement européen en faveur du libre-échange. Si les puissances commerciales sont d'accord sur 80% des points, il reste 20% de désaccords qu'il nous faut surmonter, a-t-il exhorté. Son collègue socialiste Francisco Assis (portugais) a appelé lui aussi à « lutter contre la tentation du protectionnisme qui mène à un appauvrissement général ». Mais l'UE doit défendre les intérêts des Européens en tant que consommateurs ainsi qu'en tant que producteurs car le commerce à tout-va entraîne également de graves difficultés économiques et sociales. La solution: un accord multilatéral avec des règles garantissant les intérêts de tous. Une vision que ne partage en revanche pas Jacky Henin (GUE-NGL, français), qui estime qu'un échec de Doha serait une bonne chose pour les pays pauvres. Pour l'OMC et la Commission, il n'existe, selon lui, que des consommateurs et non pas des producteurs de richesse. « Il y a urgence à révolutionner l'OMC pour que la démocratie s'y installe », a-t-il appelé. Les vents soufflent d'Amérique ou d'Inde ou d'ailleurs encore, mais tous cela nous échappe, regrette Marco Pannella (ADLE, italien), qui se demande dans quelle mesure l'Europe peut résister à cette résurgence du protectionnisme. Un point que la commissaire corrige: non, l'Europe n'est « pas à la merci des événements ». Mme Ashton devrait rencontrer le représentant américain au Commerce fin février. (A.B.)

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