Bruxelles, 03/02/2009 (Agence Europe) - L'une des conclusions que l'UE devrait tirer de la récente crise de gaz est que la Charte de l'énergie ne fonctionne pas et qu'elle devrait être modifiée, voire remplacée par un autre instrument plus contraignant pour les pays de transit comme l'Ukraine, a estimé mardi l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE. S'exprimant devant la presse à quelques jours de la troisième rencontre entre la Commission européenne et le gouvernement russe qui aura lieu vendredi 6 février à Moscou, Vladimir Chizhov a déclaré que la Charte de l'énergie (que la Russie refuse de ratifier) « a perdu beaucoup de sa crédibilité » lors de la crise étant donné que « l'Ukraine, qui a signé et ratifié le texte, ne l'a pas appliqué ». Il est « évident » que les mécanismes de la Charte en matière de transit « n'ont pas fonctionné correctement. Par conséquent, ils devraient être modifiés ou remplacés par autre chose », a dit l'ambassadeur russe. La Russie refusera-t-elle par conséquent d'incorporer les principes de la Charte de l'énergie dans le futur accord de partenariat UE/Russie actuellement en cours de négociation, comme le demande l'UE ? « Il est prématuré » de répondre à cette question car les discussions sur le chapitre énergétique du futur accord n'ont pas encore commencé, a répondu M. Chizhov. Moscou souhaite en tout cas que la coopération énergétique avec l'UE soit « fondée sur les principes du marché », a-t-il dit. La prochaine séance de négociation sur ce nouvel accord-cadre est programmée pour le 13 février. L'ambassadeur russe a aussi demandé mardi que l'UE élargisse le « mécanisme d'alerte précoce » qu'elle a mis en place avec la Russie aux pays de transit énergétique, notamment l'Ukraine. « Cette crise n'était pas une crise de fourniture (de gaz), mais de transit », a-t-il insisté. (H.B.)