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Bulletin Quotidien Europe N° 9811
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/russie/ukraine

Pas de danger immédiat pour la fourniture de gaz à l'UE - La Commission envoie une mission à Kiev

Bruxelles, 05/01/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne reste sur ses positions: elle n'a pas l'intention de jouer un rôle d'intermédiaire dans le conflit sur le transit et la livraison de gaz qui, depuis jeudi 1er janvier, oppose la Russie et l'Ukraine. Selon la Commission européenne, il s'agit d'un problème commercial bilatéral dont la solution doit être négociée entre les parties concernées. Une mission d'établissement des faits composée de représentants de la Commission européenne (le chef de cabinet du commissaire européen chargé des affaires énergétiques, Andris Kosteris et le directeur à la DG TREN, Mathias Reute) et de la Présidence tchèque de l'UE (le ministre du Commerce et de l'Industrie, Martin Riman et l'ambassadeur spécial pour la sécurité énergétique, Vaclav Bartuska) a toutefois était mise en place lundi matin et dépêchée aussitôt à Kiev pour faire pression sur les deux parties et tenter de les ramener à la table des négociations en vue d'un rétablissement des livraisons de gaz vers l'Ukraine, selon un porte-parole de la Commission. Mardi, la même mission devrait rencontrer des représentants de Gazprom dans une des capitales européennes, probablement Berlin, où se rendra le chef du groupe gazier russe, Alexeï Miller. Le comité des représentants permanents des États membres de l'UE (COREPER) s'est pour sa part réuni lundi après-midi dans le cadre d'une réunion extraordinaire convoquée par la Présidence tchèque de l'UE afin de procéder à un échange d'informations sur la situation, dans la perspective de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Prague, jeudi 8 janvier. Aucune action au niveau européen ne sera entreprise et les États membres sont, dans leur grande majorité, capables de combler les réductions de livraisons par leurs propres moyens.

La Commission a été informée dès vendredi d'un certain nombre d'irrégularités dans les livraisons de gaz dues à l'échec des négociations entre les groupes gaziers ukrainien (Naftogaz) et russe (Gazprom) et de l'interruption de livraison de gaz russe vers l'Ukraine dès le 1er janvier. Selon les données dont elle dispose, il n'y a pas de « danger immédiat » pour l'approvisionnement des citoyens européens ni « de perturbation substantielle de l'approvisionnement vers un État européen », a affirmé lundi un de ses porte-parole. Vendredi 2 janvier, la Hongrie et la Pologne ont informé la Commission d'irrégularités dans les livraisons de gaz transitant par les gazoducs ukrainiens (une réduction de 10 millions de mètres3 par rapport au volume prévu pour la Hongrie et une réduction de 6% par rapport au niveau prévu pour la Pologne). La situation est revenue à la normale lundi en Hongrie tandis que les réductions en Pologne ont été compensées par une hausse des livraisons à travers le gazoduc biélorusse. Selon l'opérateur roumain Transgaz, les coupures de gaz vers l'Ukraine ont provoqué une réduction de 30% de la pression de gaz avec une réduction quotidienne des volumes transportés d'environ 3 millions de mètres3 depuis vendredi. La Slovaquie a également notifié à la Commission des irrégularités sans pour autant communiquer de chiffres, tandis que l'entreprise énergétique allemande RWE AG a annoncé lundi une réduction de 5% du gaz transporté, réduction compensée par les livraisons de la Norvège. Selon la Commission, il n'y a pas en ce moment de danger substantiel pour l'industrie européenne, mais la situation pourrait être modifiée par l'aggravation des conditions météorologiques, notamment les baisses de températures annoncées pour les jours à venir. Cinq États membres de l'UE (République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Bulgarie et Grèce) importent plus de 75% de gaz russe transitant par l'Ukraine (au total 80% du gaz russe passe par les gazoducs ukrainiens). Selon le transporteur ukrainien, 273,2 millions de mètres3 de gaz naturel russe sont transportés quotidiennement par les gazoducs ukrainiens vers les pays membres de l'UE, notamment la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, et la Pologne.

Tant la présidence de l'UE que la Commission ont été interpellées à plusieurs reprises ces derniers jours par les deux parties. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a reçu un appel téléphonique du Premier ministre russe Vladimir Poutine mercredi 31 décembre, tandis que la délégation ukrainienne présidée par la ministre ukrainien Jurij Prodan a fait un tour des capitales européennes, vendredi 2 janvier, en vue de donner des explications et des renseignements concernant le transit de gaz par l'Ukraine vers l'UE. Dimanche, le porte-parole du groupe russe Gazprom a annoncé que son entreprise avait demandé à la Commission de venir en aide pour surveiller les volumes de gaz transitant par l'Ukraine, accusant Kiev de voler le gaz russe. À part la mission d'enquête, dont les résultats seront connus au cours de cette semaine, l'UE ne semble pas être disposée à s'engager dans le conflit. Les représentants de l'ukrainien Naftogaz et du russe Gazprom ont été invités à la réunion du groupe pour la coordination du gaz qui se réunira le 9 janvier, rassemblant les représentants des ministères de l'énergie de l'UE et de l'industrie européenne. La Russie a porté dimanche à 450 dollars le prix du gaz contre 250 au préalable et 179,5 payé par l'Ukraine en 2008. (A.By.)

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