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Bulletin Quotidien Europe N° 9784
Sommaire Publication complète Par article 30 / 33
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) médias

L'édition mondiale est dominée par les géants anglophones de l'édition professionnelle et scolaire, révèle le classement 2007 de Livres Hebdo. - L'hebdomadaire français Livres Hebdo a publié en collaboration avec Rüdiger Wischenbart, Content and Consulting un classement global de l'édition mondiale. Celui-ci est dominé par les géants anglophones de l'édition professionnelle et scolaire, très impliqués dans la révolution numérique. Livres Hebdo a recensé 73 entreprises réalisant plus de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, correspondant à 45 grands groupes éditoriaux de 15 pays. Au total, tous ces groupes cumulent un chiffre d'affaires de 52,47 milliards d'euros dont 34 milliards (près de 65%) réalisés par les dix premiers à eux seuls. Les groupes d'édition professionnelle spécialisée dominent l'édition mondiale, et la plupart sont anglo-saxons. Numéro un, l'anglo-néerlandais Reed Elsevier a réalisé 5 851 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2006 avec ses grandes divisions spécialisées dans le droit, la santé ou l'information et les services aux entreprises, toutes fortement internationalisées. Il est suivi par: 2) Pearson (Royaume-Uni) avec un chiffre d'affaires de 5 236 millions d'euros ; 3) Thomson (Canada ; 5 108 millions) ; 4) Bertelsmann (Allemagne ; 4 612 millions) ; 5) Wulters Kluwer (Pays-Bas ; 3 693 millions) ; 6) Hachette Livre (France ; 1 975 millions) ; 7) McGraw-Hill Education (États-Unis ; 1 942 millions) ; 8) Readers Digest (États-Unis ; 1 835 millions) ; 9) Scholastic (États-Unis ; 1 757 millions) ; 10) De Agostini Editore (Italie ; 1 607 millions en 2005). L'hebdomadaire fait encore les remarques suivantes: 1) l'éducation et le « trade » (édition généraliste, pratique et de loisirs) sont l'apanage de très grands groupes le plus souvent européens, voire nationaux ; 2) le Britannique Pearson s'impose comme le numéro un de l'édition scolaire dans le monde alors que Bertelsmann domine la littérature générale ; 3) Hachette Livre s'impose en France, au Royaume-Uni, en Espagne et aux États-Unis pour les livres scolaires et la littérature générale ; 4) à la différence d'autres groupes généralistes européens qui ont étendu leurs activités au-delà de leurs frontières nationales, HarperCollins et Simon & Schuster sont les seuls groupes américains de littérature générale à développer une stratégie mondiale, au demeurant exclusivement axée sur le monde anglo-saxon ; 5) une poignée de géants de l'édition internationale, hauts placés dans le classement, ont choisi de se concentrer dans un seul domaine d'activité: l'Américain Readers Digest (beaux livres de loisirs), l'Américain Scholastic (livres pour la jeunesse), l'Italien De Agostini (fascicules) ou encore le Canadien Harlequin (roman sentimental) ; 6) même forts d'un très gros chiffre d'affaires, de nombreux groupes puissants restent encore peu présents hors de leur marché linguistique. Hors le cas particulier du groupe d'édition juridique français Lefebvre-Sarrut, la plupart d'entre eux se situent dans les secteurs de l'éducation et/ou de l'édition généraliste. En conclusion, Livres Hebdo constate une « financiarisation » de l'édition dans le monde entier, les fonds d'investissement étant de plus en plus souvent des acteurs majeurs de l'édition. Ils sont le plus souvent présents au capital des grands groupes d'édition professionnelle et souvent même des actionnaires exclusifs: Houghton Mifflin appartient à Riverdeep, Springer à Cinven et Candover. Plusieurs groupes, parmi les moins internationalisés, restent pourtant comme le Français Gallimard, des propriétés familiales non cotées. (I.L.)

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