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Bulletin Quotidien Europe N° 9784
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Réactions mitigées au paquet sur la sécurité énergétique

Bruxelles, 17/11/2008 (Agence Europe) - Sitôt le paquet sur la sécurité et la solidarité énergétiques adopté jeudi 13 novembre (EUROPE n° 9782), les Verts au Parlement européen ont, par la voix de l'Allemande Rebecca Harms et du Luxembourgeois Claude Turmes, vivement critiqué la nouvelle stratégie de la Commission européenne qui, selon eux, « se fonde sur des recherches partielles et manipulées ». « L'efficacité énergétique doit être une priorité, en tant que moyen le moins cher et le plus rentable d'améliorer la sécurité énergétique. L'évaluation par la Commission des besoins énergétiques futurs de l'UE n'est pas conforme à ces objectifs », critiquent-ils dans un communiqué, soutenant que les projections de la Commission prévoient une économie d'énergie totale à l'horizon 2020 de 13% et non de 20%, objectif pourtant fixé par le Conseil européen de mars 2007. Une critique partagée par Greenpeace, qui accuse la Commission de minimiser l'importance de l'efficacité énergétique dans sa stratégie. « Revoir la législation en vigueur peut certes apporter de petites améliorations, mais la Commission s'est surtout abstenue d'imposer l'objectif de 20% d'efficacité énergétique », déplore l'ONG environnementaliste. Greenpeace accuse aussi la Commission d'envisager de nouveaux avantages financiers pour le secteur nucléaire qui n'aideraient en rien la politique climatique tout en « abaissant au plus petit dénominateur commun » les standards en matière de sûreté nucléaire. « Une stratégie rigoureuse fondée sur l'efficacité énergétique et les renouvelables est la meilleure réponse à apporter aux préoccupations concernant la sécurité énergétique. La Commission devrait plutôt discuter du phasing out pour les technologies sales, chères et peu fiables comme le charbon et le nucléaire, insiste-t-elle. L'ONG WWF dénonce, elle aussi, des « contradictions majeures » entre des politiques proposées par la Commission qui sont « sans pertinence » pour les objectifs environnementaux et économiques de l'UE. Si, comme Greenpeace, le WWF déplore que la Commission n'a pas proposé de rendre contraignant l'objectif de 20% à l'horizon 2020 flanqué au plan d'action communautaire sur l'efficacité énergétique, les deux ONG se félicitent toutefois des propositions de la Commission sur les réseaux de transport d'énergie, avec le projet de super-réseau européen (supergrid), constitué notamment d'un réseau éolien offshore en mer du Nord, du plan d'interconnexion baltique et du projet d'anneau méditerranéen reliant l'Europe à l'Afrique du Nord pour exploiter son potentiel solaire. Une initiative aussi saluée par l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA).

Largement tancée par les Verts et les ONG environnementalistes, la Commission peut toutefois se targuer du soutien de l'industrie européenne de la construction, représentée par la Confédération européenne de la construction (EBC) et de la Fédération européenne de l'industrie de la construction (FIEC), qui saluent sa proposition de révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments et l'extension de son champ d'application aux bâtiments de moins de 1 000 m2. De manière générale, l'ampleur des propositions de la Commission a été saluée au Parlement européen par l'élue centriste française Anne Laperrouze (ALDE), qui se réjouit que la sécurité et la solidarité énergétiques soient « placées au cœur » de sa 2ème analyse stratégique. Mme Laperrouze regrette néanmoins que la R&D ne constitue pas un élément majeur de cette analyse à l'horizon 2050. Chez les libéraux, la Britannique Fiona Hall salue la proposition de refonte de la directive « bâtiments ». En revanche, comme les Verts, Mme Hall s'étonne de la contradiction des projections de la Commission avec l'engagement d'améliorer l'efficacité énergétique de l'ordre de 20% d'ici 2020. Selon elle, les chiffres de la Commission suggèrent une baisse de 12% de la demande d'énergie primaire en 2020, mais qui ne serait en fait que de 8% comparé à la demande réelle d'énergie primaire en 2005. Du côté du PPE-DE, l'Allemand Herbert Reul salue « un nouveau sens des réalités » dans le paquet de la Commission, qui s'appuie notamment sur la proposition, dans le Programme indicatif nucléaire révisé, de prolonger la vie des centrales existantes. Le Forum atomique européen Foratom se félicite lui aussi que la Commission considère l'énergie nucléaire comme une « composante essentielle » de la transition de l'UE vers une économie à faible teneur en carbone. En revanche, Foratom invite la Commission à proposer des mesures concrètes et un plan d'action pour promouvoir l'énergie nucléaire et des investissements à long terme dans ce secteur. (E.H.)

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