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Bulletin Quotidien Europe N° 9772
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/commerce

Catherine Ashton met en garde contre le protectionnisme

Bruxelles, 29/10/2008 (Agence Europe) - Dans un premier discours attendu, prononcé dans le cadre d'une conférence organisée par BusinessEurope mardi 28 octobre à Bruxelles, Catherine Ashton a mis en garde contre un repli protectionniste face à la crise financière. La nouvelle commissaire au Commerce estime, au contraire, qu'un accord à l'OMC concluant les négociations de Doha est plus que jamais indispensable.

Dans le droit chemin de son prédécesseur Peter Mandelson, Mme Ashton a rappelé que succomber aux tentations protectionnistes ne ferait que rendre plus difficile la reprise économique. « Face à la crise, le risque, en particulier si le ralentissement est sévère, est que les pays restreignent l'accès à leurs marchés pour essayer de s'isoler. Mais je suis convaincue que c'est une voie sans issue. Pas parce que l'ouverture est une fin en soi, mais parce que l'expérience nous a appris qu'elle constitue le moyen le plus efficace pour réaliser nos objectifs économiques, sociaux et politiques », a souligné la commissaire. Pour elle, au contraire, un accord à l'OMC sur la libéralisation des échanges mondiaux, bloqué depuis l'échec de la ministérielle de Genève en juillet, « a son rôle à jouer pour faire face à la crise ». « Il sanctuariserait l'ouverture de l'économie mondiale. Je ne vois pas de priorité plus urgente pour le bien-être global à long terme », a-t-elle insisté.

Outre la nécessité d'une implication ferme de l'Europe dans les négociations de Doha, Mme Ashton a plaidé pour un engagement positif de l'UE dans l'économie globale, dans un contexte de baisse des flux d'investissement et de la demande. Un engagement qui nécessite l'ouverture des marchés et le bon équilibre entre régulation et réforme pour survivre à la crise actuelle et assurer la pérennité de l'économie européenne. « Il est clair que nous devons réformer nos systèmes de régulation aux niveaux national, régional et global, en faveur d'une régulation plus intelligente. La tâche de nos politiciens et chefs d'entreprise sera, dans les mois à venir, d'expliquer le distinguo entre: d'une part, les démarches nécessaires pour aider nos économies à survivre au ralentissement et assurer que les erreurs en matière de régulation ne se répéteront pas ; d'autre part, les interventions et l'utilisation excessive des subventions publiques qui, si elles sont opportunes aujourd'hui, porteront préjudice demain. Nous savons que le protectionnisme rend la reprise plus difficile. Mais parfois en période de crise, nous risquons d'oublier tout ce que nous savons », a-t-elle expliqué.

Dans un discours de portée générale, Mme Ashton n'a évidement pas omis de rappeler la nécessité pour l'Europe d'intensifier ses relations économiques avec « les principales économies de la nouvelle génération », les marchés asiatiques en particulier. Et de négocier avec ces partenaires clés sur des questions qui « seront déterminantes pour la compétitivité de l'UE au 21ème siècle »: l'investissement, les marchés publics, la concurrence, la propriété intellectuelle et l'accès aux ressources. Autant de domaines peu ou pas couverts par le champ d'action de l'OMC, appelés « sujets de Singapour » (ils avaient été extraits des négociations de Doha sous la pression des pays en développement lors de la réunion de Cancun en 2003), qui limitent l'accès au marché et agissent comme des barrières non tarifaires. « Nous devons nous assurer que, grands ou petits, nos exportateurs obtiennent un traitement loyal à l'étranger », a insisté Mme Ashton, en promettant de poursuivre la nouvelle stratégie d'accès au marché (EUROPE n° 9409 et 9606) lancée début 2007 par la Commission européenne dans le cadre de la stratégie pour la politique commerciale de l'UE, Global Europe. Dans ce contexte, la commissaire a souligné l'importance pour l'UE, dans les années à venir, d'approfondir les relations économiques, commerciales et réglementaires avec ses principaux partenaires pour garantir une meilleure coordination des politiques économiques. Le Conseil économique transatlantique et le mécanisme de dialogue de haut niveau avec la Chine sont, à cet effet, essentiels.

Pour conclure, la commissaire a souligné le rôle de l'ouverture aux échanges et à l'investissement dans la politique climatique. « Nous avons pour objectif de devenir une économie à faible teneur en carbone. Je sais que certains secteurs de notre industrie s'inquiètent de la manière dont nous conduisons notre politique climatique. Nous devrons y répondre dans le contexte de Copenhague. Mais nous devons également poursuivre un ordre du jour proactif. Je souhaite, par exemple, nous voir améliorer l'accès aux marchés émergents pour nos investissements environnementaux et nos technologies vertes », a expliqué Mme Ashton, en promettant de placer cette question à l'ordre du jour des relations avec la Chine.

La Commission promet de maintenir le cap de sa politique

Avant l'intervention de sa nouvelle patronne, le directeur général de la DG Commerce, David O'Sullivan, a promis la poursuite de la politique conduite par la Commission européenne. Outre le round de Doha, les négociations pour des accords bilatéraux de libre-échange sont évidement la priorité pour les mois à venir. Malgré des questions encore pendantes, les discussions avec la Corée du Sud sont « les plus avancées et un accord est possible dans les mois à venir ». Celles avec l'Inde « dépendent beaucoup de son propre contexte politique et de son engagement aux réformes ». Enfin, le défi des discussions avec l'ASEAN est de « les garder sur le bon chemin ». L'UE doit donc, selon lui, « se baser sur l'engagement de Brunei, de Singapour, de la Thaïlande et du Vietnam pour avancer en prêtant une pleine attention au processus d'intégration régional ». Enfin, M. O'Sullivan a promis la poursuite des efforts pour mener à bien la stratégie d'accès au marché et celle sur la protection des droits de la propriété intellectuelle dans les pays émergents. (E.H.)

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