Bruxelles, 29/10/2008 (Agence Europe) - Préoccupées par la situation de l'emploi dans un secteur automobile européen touché de plein fouet par la crise financière et le ralentissement économique mondial, les parties prenantes du groupe de haut niveau CARS 21 se sont réunies, mercredi 29 octobre à Bruxelles, pour adopter des recommandations sur des mesures visant à soutenir l'industrie européenne et garantir sa compétitivité dans un environnement très concurrentiel. Les parties prenantes ont convenu de la nécessité que l'industrie automobile européenne se positionne comme un leader mondial en matière de véhicules propres, sûrs et abordables, afin de préserver l'emploi et relever le défi climatique. Elles ont néanmoins souligné l'importance que les constructeurs européens se battent à armes égales sur les marchés internationaux. Enfin, elles ont convenu de la mis en place d'une task-force pour la promotion des véhicules écologiques.
Mis sur pied par la Commission européenne en avril 2005, présidé par le commissaire à l'Industrie Günter Verheugen et composé de représentants de toutes les parties prenantes au secteur automobile (EUROPE n° 8866), CARS 21 a été chargé d'élaborer des recommandations pour créer un cadre réglementaire adéquat assurant le développement durable d'une industrie automobile européenne compétitive. Sur la base de ces recommandations adoptées fin 2005 (EUROPE n° 9087), les parties prenantes ont convenu, mercredi, d'une liste de 16 recommandations couvrant, outre les points détaillés ci-dessous, les domaines de la sécurité routière, de l'amélioration du marché intérieur, de la restructuration du secteur, de la fiscalité et des mesures d'incitation, de l'information en matière de réparation des véhicules.
Cadre réglementaire et meilleure réglementation. Les parties prenantes ont convenu qu'une attention particulière doit être accordée aux délais, à la cohérence juridique, aux coûts cumulés et aux effets sur l'accessibilité financière, l'emploi et la compétitivité internationale. Jugeant que la politique menée par la Commission en matière d'harmonisation internationale est une réussite, elles appellent à la poursuivre afin d'établir des conditions de concurrence équitables sur le marché mondial et de promouvoir l'adoption de normes européennes au niveau international via les règlements de la Commission de l'ONU pour l'Europe.
Rendement des carburants, énergie et environnement. Les parties prenantes ont convenu que la politique de réduction des émissions de CO2 doit se fonder sur une approche intégrée couvrant les véhicules, les carburants, les consommateurs et conducteurs et les infrastructures. Pour soutenir le développement et l'utilisation de véhicules écologiques modernes plus économes en carburant, les parties prenantes ont décidé de la mise en place d'une task-force chargée d'examiner les obstacles techniques, réglementaires et économiques aux véhicules « verts » et de suggérer des pistes à suivre. Les parties prenantes suggèrent, en outre, une révision, en temps utile, avant la prochaine génération de normes en matière d'émissions de CO2, du nouveau cycle de conduite européen (NEDC). Elles estiment aussi que, sur le long terme, tous les acteurs intervenant dans l'approche intégrée devraient prendre des mesures pour que le transport routier en Europe soit à plus faible intensité carbonique d'ici 2050. Enfin, les parties prenantes ont convenu de concentrer les efforts de R&D sur les technologies comme les véhicules hybrides, électriques et à hydrogène (pile à combustible).
Commerce international et marchés tiers. Les parties prenantes ont affirmé leur soutien à la libéralisation des échanges, à condition que celle-ci s'opère sur la base d'un avantage mutuel pour les parties concernées. Les parties prenantes prônent la création d'un cadre commercial multilatéral et la conclusion d'accords bilatéraux de libre-échange avec les marchés émergents, l'ASEAN, la Corée du Sud, l'Inde et le Mercosur. Elles plaident également pour que des efforts supplémentaires soient demandés à la Chine. Les parties soulignent enfin la nécessité de garantir la protection des droits de propriété intellectuelle.
L'ACEA veut 40 milliards de prêts à taux réduit pour accélérer le renouvellement de la flotte
Au nom de l'Association européenne des constructeurs automobile (ACEA) qu'il préside, le PDG de PSA Peugeot Citroën, Christian Streiff, a présenté à la Commission, mercredi, des pistes concrètes pour soutenir l'industrie. Alors qu'ils multiplient les mesures de chômage technique face à la chute des ventes, les fabricants implantés en Europe réclament notamment une enveloppe de 40 milliards d'euros de prêts à taux réduit et des primes à la casse pour accélérer le renouvellement de la flotte. Face aux difficultés du secteur, le commissaire Verheugen aimerait que le plan communautaire de réduction des émissions de CO2 prévoie un moyen moins coûteux pour l'industrie automobile d'atteindre ses objectifs. Aussi plaide-t-il pour des avantages fiscaux pour la construction de véhicules verts. Plusieurs de ses collègues à la Commission ne voient pas d'un bon œil un dispositif spécifique destiné à compenser, comme le réclament les constructeurs, les surcoûts liés à la lutte contre le changement climatique. Une prudence qui trouve également son fondement dans le refus par la Commission d'une remise en cause générale des règles en matière d'aides d'État. Ce qui explique pourquoi la Commission est seulement en mesure d'émettre, à ce stade, des recommandations pour l'avenir du secteur automobile et pas de proposer le plan de grande ampleur souhaité par l'ACEA. (E.H.)