login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9768
Sommaire Publication complète Par article 18 / 35
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/jai

Les députés dénoncent le projet de scanners corporels dans les aéroports

Bruxelles, 23/10/2008 (Agence Europe) - Le projet visant à introduire des « scanners corporels », qui permettraient de voir sous les vêtements, dans les aéroports de l'UE, fait l'objet de vives protestations de la part des députés européens qui redoutent de sérieuses répercussions sur le droit à la vie privée des citoyens. La Commission européenne veut proposer prochainement d'inclure dans les méthodes autorisées pour l'inspection des passagers dans les aéroports de l'UE les « scanners corporels ». Il s'agit de portiques utilisant une technique d'imagerie à ondes millimétriques, qui permettent d'obtenir en moins de deux secondes des images en noir et blanc révélant tous les détails d'une anatomie (EUROPE n° 9767). L'idée de la Commission serait de généraliser ces scanners d'ici le mois d'avril 2010.

Dans une résolution adoptée, jeudi 23 octobre à Strasbourg, par 361 voix pour, 16 contre et 181 abstentions, les députés européens déclarent que de telles pratiques reviendraient à exercer une « fouille au corps virtuelle », ce qui aurait « des conséquences graves sur le droit à la vie privée, le droit à la protection des données et le droit à la dignité personnelle ». Ils considèrent que les conditions pour prendre une décision en la matière « ne sont pas encore réunies », étant donné qu'aucune étude n'a été menée sur l'impact de ce système sur la santé et les droits fondamentaux. Ils donnent donc trois mois à la Commission pour mener les études nécessaires et consulter l'Agence des droits fondamentaux, le groupe de travail « Article 29 », ainsi que le contrôleur européen de la protection des données. Ils préviennent que le Parlement européen pourrait prendre « les dispositions qui s'imposeront » eu égard à la compatibilité de ces mesures avec les droits de l'Homme et les libertés fondamentales. Admettant que les scanners corporels « sont peut-être l'une des solutions techniques requises pour maintenir un niveau élevé de sécurité dans les aéroports », les députés considèrent que s'ils doivent être mis en place, « un cadre européen garantissant les droits des passagers européens en cas de recours à des scanners corporels est essentiel pour éviter que chaque aéroport n'applique des règles différentes ». À noter que les députés ont refusé d'adopter l'amendement de l'Allemand Manfred Weber (PPE-DE) qui proposait de repousser le vote de la résolution. En conséquence, le groupe PPE-DE s'est abstenu. Répondant aux questions des députés, M. Tajani a affirmé, mardi 21 octobre, n'avoir encore « pris aucune décision » quant à la possibilité d'introduire ces nouveaux scanners. « Le scanner corporel ne sera jamais rendu obligatoire, c'est une alternative aux fouilles manuelles », a-t-il toutefois rappelé. Il a également assuré qu'en ce qui concerne les images, celles-ci « ne seront pas enregistrées et ne seront jamais conservées ». Il a justifié l'idée en expliquant que les passagers aériens verraient les files d'attente se réduire aux contrôles de sécurité. « Dans les aéroports où ils existent, beaucoup de passagers choisissent de passer par les scanners corporels », a estimé le commissaire, précisant que personnellement, il considérait « qu'une fouille manuelle était plus désagréable que le passage dans un scanner. Et M. Tajani de conclure: « Mais chacun est libre de choisir ». Actuellement, seul l'aéroport de Schiphol (Pays-Bas) utilise de façon permanente cette technique qui permet de voir le contour d'un corps nu sur vidéo. L'aéroport d'Heathrow (Royaume-Uni) a déjà testé ce nouvel outil, et l'aéroport de Nice (France) va bientôt l'essayer à son tour. (B.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES