Bruxelles, 08/10/2008 (Agence Europe) - Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que la pêche au thon rouge est « totalement hors contrôle » et « hors-la-loi » en Italie, et réclame un moratoire de trois ans sur cette pêche en Méditerranée, dans un rapport publié mardi 7 octobre intitulé « Lifting the lid on Italy's bluefin tuna fishery ». L'organisation dénonce « une illégalité diffuse et répétée au cours des années due à un manque de contrôle, des bateaux de pêche clandestins, des transferts non enregistrés de thon vivant dans des fermes d'élevage à l'étranger, une présence de la criminalité organisée sur les marchés du thon rouge et des enregistrements de vente et de capture en violation des règles communautaires ».
Rappelant la décision de la Commission européenne de fermer la pêche industrielle de thon rouge à la mi-juin, deux semaines avant la fin prévue de la campagne (au motif que les quotas fixés pour 2008 avaient été atteints), le WWF affirme que l'Italie avait déjà dépassé la quantité autorisée « d'au moins 700 tonnes ». L'organisation affirme que d'importantes quantités de poissons, parmi lesquelles du thon rouge, ne sont pas enregistrées dans les ports au moment du débarquement. Elle ajoute que des poissons sont « aussi vendus illégalement sur des marchés infiltrés par la mafia ». Le WWF affirme enfin que les embarcations pratiquant la pêche au thon rouge ne seraient pas les 185 autorisées, comme l'indiquent les chiffres officiels, mais 283 (27 palangriers, 162 senneurs, 73 chalutiers et 21 remorqueurs de cages). Par ailleurs, 47 bateaux n'étaient pas équipés de système de surveillance par satellite, 160 ne détenaient pas de licence de pêche et 82 n'étaient pas enregistrés auprès de la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) en 2008. Les conclusions du rapport ont été adressées au ministère italien de l'Agriculture et de la Pêche et aux services de Joe Borg, commissaire européen à la Pêche.
Ce réquisitoire contre les thoniers italiens intervient après que le comité scientifique de la CICTA a confirmé un dépassement de 50% du quota toléré en 2007 par tous les pays pratiquant cette pêche (EUROPE n° 9756). (L.C.)