Bruxelles, 08/10/2008 (Agence Europe) - La proposition de la Commission européenne sur le programme de distribution de fruits et légumes dans les écoles ne va pas assez loin. Tel est l'enseignement du vote, mardi 7 octobre en commission de l'agriculture du Parlement européen, du rapport de Niels Busk (ADLE, danois) sur le futur programme européen destiné à inciter les enfants à adopter des habitudes alimentaires plus saines et à contribuer ainsi à la lutte contre l'obésité. Les membres de cette commission souhaitent (il s'agit d'une procédure en consultation) notamment des moyens budgétaires plus importants et donner la priorité aux produits frais et d'origine communautaire. Certains amendements votés, en particulier sur l'origine des produits ou encore la complémentarité du programme européen avec les initiatives déjà lancées dans certains pays, rejoignent les remarques faites par les ministres européens de l'Agriculture (EUROPE n° 9752). Le Parlement européen adoptera son avis sur ce programme en novembre.
Dans l'Union européenne, près de 22 millions d'enfants sont en surpoids et plus de 5 millions souffrent d'obésité, en grande partie du fait d'une consommation excessive de produits gras, sucrés ou salés.
Dotation à la hausse. La Commission européenne a proposé d'allouer 90 millions d'euros à un tel programme pour l'année scolaire 2009/2010. Pour les députés, ce budget, qui équivaudrait à donner un fruit par semaine par enfant de 6 à 10 ans pendant 30 semaines, est insuffisant. Le rapport de Niels Busk tel qu'adopté à l'unanimité après avoir été amendé, demande que la contribution communautaire soit portée à 500 millions d'euros pour 2009/2010. Par ailleurs, les députés estiment que ce programme ne devrait pas être limité aux enfants scolarisés de 6 à 10 ans et qu'il devrait s'adresser aussi aux établissements préscolaires.
Priorité aux produits frais et d'origine communautaire. Selon la commission de l'agriculture, le programme devrait concerner uniquement des fruits et légumes d'origine communautaire. En outre, la priorité doit être donnée aux produits frais, les produits transformés étant de moindre valeur nutritionnelle. Par ailleurs, les amendements préconisent des fruits et légumes: - respectant les critères de qualité les plus exigeants ; - de préférence saisonniers ; - d'origine locale ; - en provenance surtout de filières durables. Les produits devraient être sélectionnés par la Commission européenne et les États membres en fonction de leurs bénéfices pour la santé. Les députés souhaitent aussi que la distribution soit accompagnée de conseils sanitaires et diététiques adaptés aux enfants, ainsi que d'informations sur les produits biologiques. Enfin, ils demandent que ce programme soit complémentaire aux initiatives éventuelles déjà en cours, et qu'il permette le transfert de fonds non utilisés dans d'autres États membres. (L.C.)