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Bulletin Quotidien Europe N° 9757
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/conseil europÉen

Un Sommet pour rassurer les Européens

Bruxelles, 08/10/2008 (Agence Europe) - La discussion au Parlement européen sur le prochain Conseil européen (15 et 16 octobre) a largement porté sur la crise financière, à laquelle l'Europe tente de répondre par ses propres moyens. Ce sujet dominera la réunion des chefs d'État ou de gouvernement, qui sera aussi consacrée au paquet Climat-Énergie et au suivi du référendum négatif en Irlande sur le Traité de Lisbonne.

Situation financière. Ce Sommet est d'une « importance singulière dans un moment de crise et d'instabilité qui appelle l'expression d'une volonté politique, des initiatives et des décisions », a martelé Jean-Pierre Jouyet, devant les députés réunis mercredi 8 octobre à Bruxelles. « Nous répondons à la crise avec nos moyens et nos structures propres (…) nous ne sommes pas un État fédéral », a souligné le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, mais « nous n'avons pas à rougir ». Selon M. Jouyet, « l'essentiel est que les Européens agissent ensemble et prennent leurs responsabilités aux côtés de la BCE », dont il a salué la décision prise quelques heures auparavant de baisser les taux d'intérêt (voir autre nouvelle).

« En Europe, nous n'avons pas encore des règles qui nous permettraient d'avoir typiquement une réponse européenne » à part entière, a aussi déploré José Manuel Barroso, en rappelant que dans une Union d'États, il fallait tout particulièrement faire preuve de coordination et de diligence. « Encouragé par la détermination dont ont fait preuve les États membres » pour réagir à la crise, le président de la Commission n'est toutefois « toujours pas satisfait ». L'UE doit et peut « faire plus », a-t-il insisté, exhortant les États membres à accentuer leur coordination réciproque et avec les institutions européennes. Il ne faut pas tergiverser au plan politique, mais agir avec « ambition et réalisme ». Les propositions sur les exigences en matière de fonds propres, celles à venir sur les agences de notation, et la prochaine révision de la recommandation de la Commission sur la rémunération des dirigeants (qui a été « ignorée » jusqu'à présent par les États membres), seront l'occasion de montrer de la détermination. La Commission a de son côté mis en place un groupe de pilotage permanent de la crise au sein du Collège (composé des commissaires Almunia, McCreevy et Kroes et sous la présidence de M. Barroso) et constituera bientôt un Groupe de haut niveau chargé de faire des propositions sur l'architecture future des marchés financiers (l'ancien Directeur général du FMI, Jacques de Larosière, présidera ce groupe d'experts indépendants), a par ailleurs confirmé M. Barroso.

Paquet Climat-Énergie. « Le contexte actuel de ralentissement économique tend à exacerber les préoccupations de certains de nos partenaires comme de nos industries », a constaté M. Jouyet, qui se dit prêt à « rechercher les flexibilités » que nous pouvons apporter aux propositions de la Commission, sans remettre en cause leurs objectifs et leurs équilibres. Pour M. Barroso, il faut quoi qu'il en soit respecter le calendrier prévu par la Présidence française (fin d'année). En matière de sécurité énergétique, « beaucoup reste à faire », a reconnu M. Jouyet. Le Conseil européen devra adopter des orientations et des lignes directrices qui permettront de répondre aux préoccupations des États les plus dépendants au plan énergétique (les pays Europe centrale et orientale).

Traité de Lisbonne. Avant leur réunion de décembre, lors de laquelle ils décideront de la voie commune à suivre, les chefs d'État et de gouvernement examineront les propositions que compte leur faire le Taioseach Brian Cowen. « L'instabilité que nous connaissons aujourd'hui est une justification supplémentaire pour doter l'UE d'un cadre institutionnel rénové », a affirmé M. Jouyet.

Le Pacte sur l'immigration et l'asile (qui sera officiellement adopté), la Russie (examen du retrait des troupes russes qui conditionne la reprise des négociations sur un nouvel accord de partenariat), la Moldova, ou le futur partenariat oriental de l'UE figurent aussi à l'ordre du jour de la semaine prochaine.

Le Français Joseph Daul, au nom du PPE-DE, a dit qu'il fallait que l'Europe agisse pour éviter que la crise financière n'affecte le financement des PME. « J'ai peur que les PME ne disparaissent » à cause de cette crise, a-t-il dit, plaidant pour un plan d'action en faveur des PME. M. Daul a appelé les pays qui n'ont pas encore ratifié le Traité de Lisbonne à le faire et a espéré que le Conseil européen adoptera comme prévu, en décembre, une feuille de route pour sortir de l'impasse institutionnelle. Il a préconisé d'avancer « prudemment » sur le paquet Énergie/Climat, pour ne pas « faire peur » aux entreprises. Si on a besoin d'une année de plus pour arriver à un compromis sur ce paquet, il faut l'utiliser. Le président du groupe PSE, l'Allemand Martin Schulz, a dit que l'UE avait « plus que jamais » besoin du Traité de Lisbonne. Il a critiqué la composition du groupe de pilotage restreint au sein de la Commission, qui comprend le « défenseur du marché ultralibéral », Charlie McCreevy (« un pyromane qu'on ne pourra pas transformer en pompier ») et Neelie Kroes, qui veut supprimer les banques publiques (« un braconnier ne sera jamais un garde chasse »). Pour M. Schulz, les mesures préconisées par le Conseil Écofin sont toutefois « bonnes », mais il conviendrait d'interdire, en légiférant, certaines spéculations (dont celles sur les denrées alimentaires). « Notre Union a le devoir de répondre de manière unie » à la crise, a lancé Graham Watson (ADLE, britannique), pour qui les États membres ne doivent pas prendre des décisions unilatérales qui ont des conséquences multilatérales. Au nom du groupe des Verts/ALE, Pierre Jonckheer s'est dit préoccupé par le fait que les marchés ne semblent pas avoir été « entièrement convaincus par la justesse » des propositions du Conseil Écofin. L'Irlandais Brian Crowley (UEN) a souligné qu'il ne fallait pas mettre l'Irlande sous pression pour l'obliger à ratifier Lisbonne. (A.B./L.C.)

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