Bruxelles, 02/10/2008 (Agence Europe) - Dans sa « stratégie nationale pour l'utilisation pérenne et la protection des mers », présentée mercredi 1er octobre à Berlin, l'Allemagne veut que les mers qui l'entourent soit en bon état d'ici 2020, quitte à faire passer leur protection avant les intérêts des pêcheurs. Dans ce document élaboré par le ministère allemand de l'environnement et qui couvre plusieurs facettes de la politique maritime (biodiversité, pêche, politique portuaire, transport, changement climatique …), il est écrit que le gouvernement veut utiliser « toute son influence politique au sein de l'Union européenne » pour défendre une « pêche durable » et respectueuse de l'environnement.
La lutte contre la pêche illicite et non réglementée est « d'une grande importance », selon le gouvernement allemand, qui considère que ces activités illégales vont à l'encontre des objectifs de l'UE en matière de préservation des ressources en poissons et crustacés. Et l'Allemagne de prodiguer des mesures « sévères » contre la pêche illégale. Par ailleurs, le gouvernement allemand admet l'existence d'un problème de surcapacité dans certaines parties de la flotte de pêche de l'UE. Il estime que les contrôles au niveau international et aussi à l'intérieur de l'UE sont encore trop défaillants. L'Allemagne constate un manque de volonté politique en matière de sanctions contre ceux qui violent les règles de la politique commune de la pêche (PCP). Elle invite la Commission à prendre les mesures qui s'imposent dans ce domaine. En outre, elle suggère la création d'un label écologique de pêche et un renforcement des espaces naturels protégés (y compris en haute mer) et affiche sa détermination à lutter « contre les répercussions du chalutage de grands fonds » (une pêche plus sélective est demandée).
Cité dans une dépêche de l'AFP, le porte-parole adjoint du gouvernement allemand, Thomas Steg, précise qu'il n'est pas dans l'intention du pays d'émettre des interdictions de pêche mais d'encourager une pêche de qualité, « qui ne mette pas en danger les réserves » halieutiques et qui permette leur reconstitution « dans les eaux allemandes ».
L'Allemagne consacre depuis plusieurs années une bonne partie de ses efforts à l'assainissement de la mer Baltique, mais veut une action plus déterminée au niveau européen. Berlin veut « désigner des instruments et fixer des objectifs pour protéger les écosystèmes des mers et des côtes, qui sont menacés par la surpêche, la pollution par les rejets toxiques et le trafic maritime croissant », a expliqué M. Steg.
L'organisation écologiste WWF s'est félicitée du « signal clair lancé à l'Union européenne » par l'Allemagne. « Si les annonces sont suivies d'effet, Mme Merkel décrochera le titre de chancelière des mers », juge l'organisation. Greenpeace déplore pour sa part que Berlin n'ambitionne pas de créer des zones de protection marine où seraient interdites la pêche comme l'extraction de matières premières, comme près de l'île de Sylt ou dans la mer des Wadden. (L.C.)