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Bulletin Quotidien Europe N° 9686
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/traitÉ de lisbonne

Il est « beaucoup trop tôt » pour proposer des solutions au Conseil europeen, estime Brian Cowen - Rendez-vous en octobre

Bruxelles, 19/06/2008 (Agence Europe) - Encouragés par la ratification britannique du Traité de Lisbonne intervenue mercredi soir (voir plus loin), les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE étaient réunis jeudi soir en Conseil européen pour écouter le Taoiseach Brian Cowen expliquer les raisons du « non » irlandais du 12 juin, avant de voir, ensemble, comment aller de l'avant. Ce premier échange de vues, seulement une semaine après le référendum, ne devait pas encore aboutir à des solutions mais tout semblait indiquer que les dirigeants allaient appeler à la poursuite des ratifications et fixer un nouveau rendez-vous, au Conseil européen d'octobre, pour décider de la marche à suivre. Ce qui laissera au gouvernement irlandais quelques mois pour analyser les raisons qui ont poussé ses citoyens à rejeter le traité et avancer des propositions concrètes pour sortir de la crise. Le sommet d'octobre sera une « bonne occasion » pour discuter d'un scénario et d'un calendrier précis pour la suite des événements, a affirmé le président de la Commission, José Manuel Barroso, à l'issue d'une entrevue avec M. Cowen à Bruxelles, quelques heures avant le Conseil européen. A ce stade, le gouvernement irlandais est encore incapable de tirer des conclusions fiables du référendum, a reconnu le Premier ministre irlandais. « Il est trop tôt pour comprendre toute la signification du référendum de la semaine dernière (…) Il est nécessaire de prendre le temps pour analyser la situation et explorer d'éventuelles options (…) Il est beaucoup trop tôt pour presenter des solutions possibles », a-t-il dit devant la presse. M. Cowen a promis qu'il allait consulter tous ses partenaires européens avant d'avancer des propositions d'ici « quelques mois ».

Le chef du gouvernement luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, appuie l'idée de reparler de la question en octobre. « Je ne crois pas que nous aurons une décision définitive au sommet. Je trouve que nous devons nous donner rendez-vous en octobre », a-t-il dit jeudi. « Continuons le processus de ratification et ne poussons pas maintenant pour avoir des dates limites, attendons les réponses à l'automne », estime aussi le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt. L'échéance d'octobre satisfait la chancelière Angela Merkel qui ne veut pas d'une nouvelle « période de réflexion » trop longue, a-t-elle dit jeudi devant le Bundestag à Berlin.

Même si elle avait été écartée par Dublin pendant la campagne référendaire, l'option d'un second référendum est la plus probable. Une renégociation du traité est exclue - plusieurs chefs de gouvernement, dont le Danois Anders Fogh Rasmussen et le Belge Yves Leterme, l'ont encore répété jeudi - et la quasi-totalité des gouvernements tient à maintenir en vie ce traité (après la ratification britannique, des doutes ne subsistent qu'en République tchèque). Quand les Irlandais avaient rejeté le traité de Nice en 2001, les dirigeants européens avaient adopté, lors du sommet de Séville en 2002, une déclaration destinée à les rassurer sur le maintien de la neutralité de l'Etat. Le second référendum avait ensuite approuvé le traité. Un scénario similaire pourrait être suivi avec le Traité de Lisbonne qui serait alors aménagé en y ajoutant une ou plusieurs déclarations répondant aux préoccupations spécifiques des Irlandais, assurant, par exemple, le maintien de la règle de l'unanimité en matière de fiscalité ou réitérant la neutralité irlandaise. La réduction de la Commission à partir de 2014 prévue par le Traité de Lisbonne, qui a apparemment aussi joué en faveur du « non » irlandais, ne pourra cependant pas être revue, selon M. Barroso. Il sera « extrêmement difficile » d'apporter la moindre modification institutionnelle au traité, a-t-il dit jeudi, aux côtés de M. Cowen. Ce texte a été négocié et signé à 27, y compris par l'Irlande, et il ne pourra pas être rouvert à la négociation, a-t-il dit.

Soulagement et optimisme après la ratification britannique

Le parlement britannique a ratifié mercredi 18 juin le Traité de Lisbonne, faisant du Royaume-Uni le 19e pays membre à avoir achevé le processus de ratification. Le dernier pas de la ratification britannique a été franchi mercredi soir par un vote favorable à la Chambre des Lords. Auparavant, les Lords avaient majoritairement rejeté (277 votes contre 184) une initiative des conservateurs visant à interrompre le processus de ratification du fait du « non » irlandais. Le feu vert de Londres qui, après les « non » français et néerlandais sur la Constitution européenne en 2005, avait immédiatement suspendu son processus de ratification, a été accueilli avec grand soulagement dans les capitales européennes. Pour la Présidence slovène de l'UE, le vote britannique « prouve que le Traité de Lisbonne est toujours un texte vivant ». L'objectif ultime reste la mise en œuvre de ce traité « le plus rapidement possible », lit-on dans une déclaration de la Présidence publiée jeudi. Le processus de ratification doit donc être poursuivi dans les sept autres pays restants (hormis l'Irlande) qui n'ont pas encore approuvé le texte, affirme la Présidence qui se dit « optimiste ». Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a remercié le gouvernement et le parlement britannique pour le « soutien constant » qu'ils ont apporté au nouveau traité, à la fois pendant sa négociation et sa ratification. Il est important que tous les pays membres s'expriment sur le traité ; les ratifications doivent donc se poursuivre, a souligné M. Barroso dans une déclaration publiée jeudi. (H.B.)

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