Bruxelles, 13/06/2008 (Agence Europe) - Le Conseil d'association UE-Israël se réunit lundi 16 juin à Luxembourg, en marge du Conseil Affaires générales. Au-delà de l'exercice habituel de passage en revue de la coopération au titre de l'accord d'association, cette session aura la particularité de traiter d'un thème hautement sensible et qui a mobilisé un nombre relativement important de parlementaires européens et des pays arabes contre toute idée de concéder à Israël un statut de quasi-État membre de l'UE. L'exercice d' « upgrading » de ces relations a été proposé par Israël dans un « non paper » remis en octobre 2007 et dont l'examen aurait fait l'objet, selon le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, de réunions conduites dans la plus grande discrétion, sinon dans le secret absolu. Une sommation institutionnelle a été adressée par le président Pöttering à la Commission pour que le Parlement soit informé des suites données aux demandes israéliennes.
La session de lundi devrait permettre d'en savoir plus sur la réponse communautaire - Commission et Conseil - à cette sollicitation israélienne et sur la demande de l'État hébreu d'être intégré dans tous les centres de prise de décision et de débats communautaires. Le Coreper a été saisi d'un texte de la Commission sur lequel les discussions se révèleraient difficiles, comme en témoigne le fait qu'aucune position commune n'était encore acquise vendredi en milieu de journée. Allemagne, Pays-Bas et République tchèque auraient, selon des sources sûres, souhaité que le texte soit « amélioré », dans le sens d'un renforcement du « bon accueil » de principe réservé à la demande israélienne.
Selon nos sources, l'UE s'apprête, en l'état du texte non encore consolidé, à « répondre positivement » à Israël en « exprimant (sa) profonde satisfaction » face à cette initiative qui « marquera une nouvelle phase dans les relations » UE-Israël. Sept axes prioritaires seront définis pour consolider cette démarche de renforcement de la coopération. Mais rien n'indiquerait clairement à ce stade de la discussion si les États membres rappelleront ou non à Israël qu'il demeurera un « pays tiers », même si un « statut avancé » lui est accordé. L'UE indiquerait dans sa réponse qu'elle « considère la nécessité de mesures d'urgence » pour instaurer la confiance, pour assurer la sécurité des Israéliens, et faciliter la vie quotidienne des Palestiniens. Il s'agit là d'une référence directe au processus de paix soulignant que le renforcement des rapports européens avec Israël devrait contribuer à la recherche de la paix dans la région et à l'établissement de deux États coexistant côte à côte dans la paix et la sécurité. (F.B)