Bruxelles, 13/06/2008 (Agence Europe) - Le « non » irlandais au Traité de Lisbonne (voir nouvelle précédente) et son impact sur l'avenir de l'Union européenne occupera très certainement une grande partie des travaux du Conseil Affaires générales/Relations extérieures qui se tiendra lundi 16 juin à Luxembourg sous la présidence de Dimitrij Rupel. Vendredi après-midi, à l'heure de mettre sous presse, il était encore impossible de dire dans quelle mesure le vote irlandais allait bousculer l'ordre du jour de ce Conseil qui était notamment censé préparer le Conseil européen des 19/20 juin (qui, lui aussi, risque d'être dominé par la nouvelle crise institutionnelle) et débattre des relations avec Cuba, les Balkans occidentaux et l'Afrique. En outre, quatre autres événements de taille se dérouleront en marge du Conseil de lundi: - la signature de l'accord de stabilisation et d'association avec la Bosnie-Herzégovine; - le Conseil d'association avec Israël; - des réunions ministérielles de négociations d'adhésion avec la Turquie et la Croatie (EUROPE n° 9681).
Voici ce qui était, vendredi midi encore, « l'ordre du jour officiel » du Conseil de lundi:
Conseil européen. Les ministres prépareront la réunion des chefs d'État et de gouvernement de la semaine prochaine (19/20 juin) sur base d'un projet de conclusions préparé par la Présidence slovène. Ce texte, qui faisait encore l'objet de discussions au COREPER vendredi après-midi, traitera notamment des sujets suivants: - Traité de Lisbonne. Initialement, la Présidence avait l'intention de faire simplement rapport sur les travaux techniques en cours depuis janvier au COREPER en vue de préparer la mise en œuvre du traité au 1er janvier 2009 mais, après le référendum irlandais, ce point sera sans doute transformé en débat général des chefs d'État et de gouvernement sur la nouvelle crise institutionnelle de l'UE; - les possibles implications politiques de la flambée des prix du pétrole et des aliments ; - justice, liberté, sécurité. Les dirigeants feront le point sur les différentes initiatives en cours dans ce domaine; - questions économiques et environnementales (stratégie de Lisbonne, paquet « énergie/climat », marché intérieur de l'énergie) ; - Balkans occidentaux, avec des paragraphes individuels sur chacun des pays ; - relations internationales. Il sera notamment question de la politique européenne de voisinage (PEV), à la fois de l'Union pour la Méditerranée et du renforcement de la dimension orientale de la PEV, ainsi que des objectifs du Millénaire pour le développement.
Programme de travail du prochain « trio » présidentiel. La France, la République tchèque et la Suède, qui occuperont successivement la présidence de l'UE au cours des prochains 18 mois, présenteront lundi aux ministres leur programme de travail conjoint, arrêté fin mai (EUROPE n°9670)
Balkans occidentaux. Les ministres adopteront des conclusions sur la Bosnie-Herzégovine (saluant notamment la signature de l'ASA, qui aura lieu ce lundi même) ainsi que sur l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). Le message des conclusions sur l'ARYM dépendra fortement de la manière dont se déroulera ce week-end (15 juin) la répétition partielle des élections législatives du 1er juin dans les 196 bureaux de vote qui avaient dû être fermés en raison d'incidents violents (EUROPE n° 9673). Le COREPER se réunira lundi matin pour préparer le texte des conclusions.
Cuba. Comme chaque année en juin, les ministres feront le point sur les relations avec Cuba. Après le départ de Fidel Castro, une majorité d'États membres - menée par l'Espagne - plaident pour la levée totale et immédiate des sanctions diplomatiques en place depuis 2003 (ces mesures, de nature plutôt symbolique, sont suspendues depuis 2005). D'autres pays membres, comme la République tchèque, les Pays-Bas, la Suède ou le Royaume-Uni sont sceptiques ; ils voudraient que le nouveau régime cubain autour de Raul Castro fasse d'abord preuve de réels progrès en matière de droits de l'Homme et de respect des libertés fondamentales, avant d'envisager une éventuelle suppression des sanctions. La Présidence slovène a préparé un projet de texte qui propose, en même temps: - de renforcer le dialogue politique ; - de lever les sanctions ; - de réévaluer la situation en 2009, en particulier l'utilité du dialogue politique. Les ministres devront trancher lundi.
Moyen-Orient. Le Conseil débattra de la situation dans la région, notamment au Liban, et adoptera une position commune en vue du Conseil d'association avec Israël de lundi soir (voir autre nouvelle).
Iran. Au cours du déjeuner, Javier Solana informera les ministres de sa visite, ces samedi et dimanche, à Téhéran où il présentera la dernière offre des « Six » (EUROPE n° 9680 et 9681).
Afrique. Le Conseil aura un vaste débat sur l'Afrique et adoptera des conclusions sur la région des Grands lacs, la Somalie, le Zimbabwe et le Soudan/Darfour. Le débat sur le Darfour se fera en présence du procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo. Le Conseil réitérera son soutien à la CPI et déplorera le manque de coopération du gouvernement soudanais avec la Cour. En revanche, les ministres ne décideront pas de sanctions ciblées contre des membres du gouvernement soudanais, comme le réclament le PE et des défenseurs des droits de l'Homme (EUROPE n° 9681).
Birmanie. Six semaines après le passage dévastateur du cyclone « Nargis », le Conseil fera brièvement le point sur la situation dans ce pays, notamment en ce qui concerne l'accès de l'aide humanitaire.
Chine. Au cours du déjeuner, les ministres parleront de la Chine, notamment du Tibet. (H.B.)