Bruxelles, 13/06/2008 (Agence Europe) - Lors de la 15ème édition de la semaine européenne pour l'emploi, qui s'est tenue mercredi 11 et jeudi 12 juin à Bruxelles (EUROPE n° 9679), le commissaire Vladimir Spidla et le philosophe Luc Ferry ont débattu des effets de la mondialisation et des réticences qu'elle suscite en Europe, en mettant l'accent sur les difficultés des jeunes à trouver un emploi et sur les problèmes éducationnels, à l'école et en entreprise.
Le commissaire européen aux Affaires sociales et à l'Emploi, Vladimir Spidla, a mis l'accent sur les difficultés que rencontrent les jeunes européens pour trouver aujourd'hui un travail: le taux de chômage des 15-24 ans est deux fois plus élevé que celui de l'ensemble de la population active ; près d'un jeune sur six est en décrochage scolaire précoce ; environ 40% des 15-24 ans sont en contrat à durée déterminée. Y a-t-il un lien entre l'emploi et l'éducation à l'emploi, s'est interrogée la représentante de Generation Europe (Belgique) pour qui « il est temps que l'on explique aux jeunes à partir de l'âge de 12 ans dans quel monde ils vont vivre » et pour qui « il y a un énorme écart entre l'éducation et l'emploi ». « La qualification, c'est là le hic. Quelles seront les qualifications nécessaires en 2020 ? », a répondu le commissaire en constatant qu' « une seule formation n'est pas suffisante ». M. Spidla a donc insisté sur la formation tout au long de la vie, « surtout pour les plus de 50 ans et pour les dernières 20 années où l'on travaille ! ». Pour le commissaire, le problème de l'éducation ne se résout pas seulement dans le système scolaire, mais il faut aussi développer le système de la formation en entreprise, « ce qu'aucun pays membre n'a encore réussi. C'est un problème pour l'avenir ». Et de conclure: « Le plus grand agenda dont nous avons besoin pour l'avenir, c'est l'agenda écologique qui nous donne la capacité de survivre sur le marché du travail, ensuite l'agenda de la créativité matérialisée et pour cela nous avons besoin de l'agenda de la formation, et donc il faut l'agenda de l'éducation ».
En France, la première demande des élèves est de mieux connaître les entreprises et ce qui les attend dans le futur, a enchaîné l'ancien ministre français de la Jeunesse et de l'Éducation nationale, Luc Ferry, en constatant que « l'école ne répond pas à leurs questions » et en estimant donc lui aussi qu'il faut organiser de plus en plus de stages en entreprise. À propos de l'agenda de la Présidence française de l'UE, Luc Ferry (qui se présentera, à la demande du Président Nicolas Sarkozy, aux élections européennes de 2009) l'a jugé « pas très sexy pour les jeunes », avec des thèmes comme l'agriculture, l'énergie/environnement, la défense, l'émigration. « Ce qu'il faudrait mettre à l'agenda avant tout, c'est le désir d'Europe, afin de faire naître un intérêt pour cette construction européenne qui est devenue si incompréhensible pour nos concitoyens en admettant que l'Irlande ne casse pas à nouveau l'UE ! ». Et Luc Ferry de rappeler que « la création de l'UE a été un grand moment politique, un moment où les hommes politiques ont fait l'histoire ». Répondant à Marie Béatrice Levaux, présidente de la FEPEM (Fédération des particuliers-employeurs ; pour les propositions de Mme Levaux, voir EUROPE n° 9588) qui s'inquiétait de la place de la famille dans la politique européenne, Luc Ferry a estimé qu'« elle y est insuffisante ». (G.B.)