Bruxelles, 13/06/2008 (Agence Europe) - Les réunions se succèdent, à Bruxelles et dans certaines capitales, sur les moyens d'aider les pêcheurs à survivre à la crise du carburant cher. Les quatre États membres de l'UE, les plus enclins à voler au secours de cette profession, à savoir la France, l'Espagne, l'Italie et le Portugal, se sont réunies à plusieurs reprises cette semaine, au niveau des directeurs des pêches dans le ministères respectifs, pour mettre la dernière main aux propositions communes qui seront présentées dans les prochains jours à la Commission européenne, en vue d'un débat, le 23 juin à Luxembourg, lors Conseil Agriculture-Pêche (voir aussi EUROPE n° 9678).
Lors d'une rencontre jeudi 12 juin à Paris, avec certains journalistes, Michel Barnier, le ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, a précisé que les quatre pays (qui pourraient être rejoints par quelques autres, comme Grèce et Malte selon nos informations) vont proposer des mesures allant dans trois directions: - relever le plafond des aides dites de minimis, la limite actuelle étant de 30 000 euros par entreprise et sur trois ans (jusqu'à ce plafond, les aides d'État ne doivent pas être notifiées et donc examinées par la Commission européenne) ; - la création d'un fonds d'intervention spécial (dont les contours ne sont pas encore définis) pour tenir compte des prix du gazole et favoriser une gestion plus moderne des quotas ; - autoriser le financement de bateaux neufs (plus adapté aux contraintes actuelles). Tout en jugeant prépondérant d'adapter le secteur de la pêche à une économie post-pétrole, M. Barnier a jugé nécessaire un fonds spécial abondé par des crédits européens pour aider les pêcheurs dont le gazole « représente 50% des coûts d'exploitation », rapporte l'AFP.
Les responsables des organisations européennes d'Europêche (Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE), de la section « pêche » de la Cogeca (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) et de l'AEOP (Association européenne des organisations des producteurs de pêche) ont rencontré, jeudi 12 juin à Bruxelles, les services de Joe Borg, le commissaire européen aux Affaires maritimes, pour faire le point sur le dossier des mesures de soutien en faveur des entreprises de pêche (EUROPE n° 9671 sur les requêtes de ces organisations). La Commission aurait réitéré son opposition à toute aide directe destinée à compenser le prix élevé du gazole et répété qu'elle privilégie la restructuration des entreprises. Les discussions se poursuivent sur les moyens de mieux utiliser les crédits du Fonds européen pour la pêche (2007-2013) pour financer des mesures plus ciblées.
Par ailleurs, le Parlement européen aura une courte discussion, mercredi 18 juin, sur la crise actuelle dans le secteur de la pêche. La commission de la pêche du PE demandera au Conseil et à la Commission les mesures qu'ils comptent prendre pour remédier à cette situation. (L.C.)