La Chine est perçue comme la région la plus attractive, mais l'Europe occidentale reste la première destination des investissements directs étrangers. - La Chine est perçue comme la région la plus attractive aux yeux des investisseurs étrangers, devant l'Europe et l'Inde, indique l'enquête annuelle Ernst & Young sur l'attractivité européenne menée auprès de 834 décideurs internationaux de tous pays et de tous secteurs. Ce cinquième baromètre européen « An open World », présenté à l'occasion de la World Investment Conference de La Baule (France, 4-6 juin) montre que la compétition entre les régions du monde s'équilibre, les décideurs internationaux étant désormais attentifs aux évolutions et risques de chacune des destinations. Néanmoins, les perceptions des investisseurs restent en décalage avec la réalité des flux d'investissement observés: alors que 47% des personnes interrogées ont désigné la Chine comme la région la plus attrayante pour les investissements directs étrangers (IDE), les derniers chiffres de la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) lui en attribuent moins de 8% (Hong-Kong inclus). À l'inverse, seuls 33% des répondants ont classé l'Europe occidentale comme le meilleur choix en matière d'investissements alors que, selon la Cnuced, la région accueille 37% des flux mondiaux d'IDE. Pour Marc Lhermitte, d'Ernst & Young, les investisseurs internationaux prennent en compte l'ensemble des opportunités à saisir. « Si les entreprises, pour leur croissance, se positionnent sur le marché asiatique ou russe à fort pouvoir d'achat, elles ne se détournent pas de l'Europe et des États-Unis, économies diversifiées et puissantes », fait-il remarquer. Avec 3 712 projets, les implantations internationales recensées en Europe en 2007 sont en augmentation de 5% par rapport à l'année précédente (3 531 projets en 2006). En revanche, les créations d'emplois liées à ces implantations internationales ont diminué de 18%, soit 176 551 emplois créés (contre 214 987 en 2006). Le rapport souligne encore que 1) l'Europe occidentale opère une lente transition vers une économie de savoir et des services. Les implantations tertiaires (centres de R&D, sièges sociaux, back offices et centres d'appels) deviennent majoritaires avec 60% des emplois créés par les implantations internationales alors que les activités industrielles ont créé 30 000 emplois de moins par rapport à 2006 (soit une baisse de 51%) ; 2) en nombre de projets, le podium reste inchangé avec le Royaume-Uni (713 projets), la France (541) et l'Allemagne (305). Le Royaume-Uni prend également la première place en matière de créations d'emplois (24 186) ; 3) l'Europe centrale et orientale fait de la résistance: elle capte 58% de la totalité des créations d'emplois en Europe pour seulement 28% des implantations internationales accueillies. En revanche, l'Europe centrale et orientale ne parvient pas à renouveler sa performance de 2006 sur les activités de services à forte intensité de main-d'œuvre (back-office, centres de services partagés, centres d'appels) ; 4) la Pologne figure en deuxième position du palmarès européen en matière d'emplois créés par les implantations internationales (18 399), néanmoins en retrait de 41% par rapport à 2006. La République tchèque complète le podium avec 15 102 emplois annoncés (-14%) ; 5) la Russie fait un bond en quatrième position en termes de créations d'emplois (+85%) et se classe huitième pour le nombre de projets avec une progression de 60% par rapport au Baromètre précédent (13ème place) ; 6) la Slovénie, la Turquie et l'Ukraine font également partie de ces « nouvelles frontières » à très forte croissance en multipliant par 3 à 5 le nombre d'emplois générés par les implantations internationales en 2007. Du côté des investisseurs, l'Europe continue à recueillir une confiance solide auprès de la moitié d'entre eux: 47% déclarent, en effet, y avoir des projets pour les 3 prochaines années. La recherche d'une qualité durable prime désormais sur la compétitivité à court terme. La stabilité politique et juridique suivie par la qualité des infrastructures logistiques et télécoms sont les premiers critères analysés pour une implantation. D'autre part, la Russie, qui était encore considérée à risque les années précédentes, évolue rapidement sur l'échelle de l'attractivité. Enfin, à la question de savoir comment rendre l'Europe plus attractive, les investisseurs appellent à une combinaison entre une plus grande flexibilité sur les marchés du travail (42%) et un environnement juridique modernisé et simplifié (39%). (I.L)