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Bulletin Quotidien Europe N° 9645
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/regional

Politique de cohésion et NATURA 2000: amis où ennemis ?

Bruxelles, 17/04/2008 (Agence Europe) - La persistance des oppositions à la mise en œuvre du programme Natura 2000, tant dans les anciens que dans les nouveaux Etats membres de l'UE, était au coeur des travaux de la conférence intitulée « Natura 2000: une occasion pour ou un obstacle au développement - le point de vue des régions ». Co-organisée par les Groupes ADLE au Parlement européen (PE) et au Comité des régions (CdR), la conférence s'est tenue mercredi 16 avril à Bruxelles, avec la participation des commissaires Stavros Dimas (Environnement) et Danuta Hübner (Politique régionale). La question soumise aux participants était de savoir comment régler les cas de conflit d'intérêt entre deux politiques concurrentes: Natura 2000 et celle du développement régional.

« Les priorités du développement régional s'opposent avec certaines contraintes locales complexes en matière de protection de la nature », souligne dans un communiqué la parlementaire européenne polonaise Grazyna Staniszewska (ADLE). Pour délimiter les frontières des zones protégées, Mme Stasniszewska explique que « les autorités locales sont prises entre leur préoccupation environnementale et leur responsabilité à créer les conditions optimales pour le développement économique de leur collectivité. Elles peuvent seulement prendre acte de ce que Bruxelles et leurs propres gouvernements ont décidé d'autoriser ou non sur leurs territoires mais sans avoir pris part au processus de décision ». Elle rappelle que son groupe a toujours « soutenu le principe de la subsidiarité et le partenariat avec les collectivités locales dans ce domaine politique car les collectivités locales connaissent mieux les conditions sociales et économiques du terrain ». L'objectif de ce séminaire était, non pas de s'appesantir sur tel ou tel cas spécifique, mais de réfléchir à la meilleure approche possible quand ce genre de conflit intervient, a déclaré devant la presse son homologue britannique Elspeth Attwooll. Le cœur des discussions a été de voir comment « éviter en amont que ces conflits d'intérêt ne surgissent, puis d'imaginer comment les résoudre au mieux s'ils surviennent », a-t-elle ajouté. La Britannique Flo Clucas, présidente du Groupe ADLE au CdR, a conclu: « Beaucoup de régions sont dans le besoin désespéré d'investissement en infrastructures. Et quand cela arrive enfin, l'impact sur l'environnement doit être appréhendé de manière à permettre de prendre en compte les doubles priorités que sont le développement économique et la protection de l'environnement ».

A cette occasion, Stavros Dimas a lancé un message clair: « Nous sommes prêts et nous sommes disposés à travailler avec tous les secteurs économiques qui souhaitent s'engager dans un dialogue constructif ». Dans son intervention, le commissaire a insisté sur le fait que Natura 2000 « n'est pas une politique de développement. C'est une politique de protection de la nature (…). Nous voulons élaborer et mettre en œuvre une politique qui ne restreint en rien le développement économique », a-t-il assuré, en soulignant au passage que le réseau Natura 2000 est « un modèle dont devraient s'inspirer les autres régions et pays ».

Danuta Hübner a, pour sa part, rappelé l'objectif premier de la politique de cohésion qui consiste à réduire les disparités économiques et sociales entre les Etats membres et les régions. Pour la commissaire, « Natura 2000 et la politique de cohésion doivent être vues comme des alliées plutôt que comme des ennemies ». « Ce qui est important, ce n'est pas seulement le dialogue mais aussi la façon dont il est organisé. Si on l'organise en termes de démocratie délibérative, alors nous pouvons dire que nous avons besoin d'un débat qui donnera à tous les participants la possibilité d'opérer des choix rationnels. Sinon, cela pourrait facilement dégénérer en une sorte de fausse alternative « oiseaux contre être humains », comme on peut le lire très régulièrement dans les médias », a mis en garde la commissaire. (G.B.)

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