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Bulletin Quotidien Europe N° 9643
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/uem

La réflexion sur le futur de l'UEM est lancée

Bruxelles, 15/04/2008 (Agence Europe) - Pourquoi les européens ne sont-ils pas plus fiers de ce qu'ils ont entre les mains de plus tangible et de plus symbolique d'une intégration européenne réussie: l'euro ? Ce paradoxe a marqué la conférence organisée lundi 14 et mardi 15 avril par le Comité économique et sociale européen (CESE) sur les avantages et les bienfaits de la monnaie unique. Au constat d'un certain désamour entre les citoyens de la zone euro et leur devise, les intervenants de la conférence ont répondu en dressant un bilan plutôt flatteur des dix premières années de l'Union économique et monétaire (UEM). Au plan des créations d'emploi, de la consolidation des finances publiques, de la stabilité des prix, du faible niveau des taux d'intérêts, de l'intégration des marchés financiers, l'euro peut se prévaloir de bénéfices tangibles. Les résultats en termes de croissance du PIB, de croissance de la productivité ou de réformes structurelles, n'ont en revanche pas été à la hauteur des attentes. Les ajustements entre les économies de la zone euro sont encore trop lents, les divergences entre Etats membres demeurent (croissance et inflation) et la représentation extérieure est insuffisante. Gagner le cœur des européens est certainement un enjeu pour la prochaine décennie de l'UEM, mais les réponses sont institutionnelles et politiques (voir aussi nouvelle suivante).

L'amélioration de la coordination des politiques économiques est le principal chantier. Il relève des Etats membres, qui doivent faire preuve de plus de volonté. « Nous n'avons pas les ambitions de nos instruments », a souligné Jean-Claude Juncker, en souhaitant, comme il l'avait fait récemment (EUROPE n° 9622), capitaliser sur les avancées enregistrées ces dernières années au sein de l'Eurogroupe. Ce dernier s'émancipe doucement et la visite conjointe de MM. Juncker, Trichet et Almunia en Chine, a pu constituer un embryon de diplomatie de la zone euro. Le récent changement rhétorique apporté à la déclaration du G7 sur les taux de change (EUROPE n° 9642) est le résultat de l'influence européenne, a aussi souligné le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, qui exhorte les Etats membres à se mettre d'accord sur une représentation unique au Fonds monétaire international (FMI). Des appels relayés par Pervenche Berès, qui constate aussi que l'euro n'avait pas permis d'exploiter pleinement le potentiel de croissance de la zone. Pour la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, le renforcement du pilier économique passe par des stratégies d'investissement plus concertées entre Etats membres. La question fiscale reste aussi à défricher et une marge d'amélioration existe enfin pour le dialogue avec la Banque centrale européenne (BCE).

Pour répondre aux défis futurs (mondialisation, vieillissement démographique, changement climatique), le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia a présenté les trois axes de la prochaine communication de la Commission sur les 10 ans de l'UEM, qui sera présentée le 7 mai: (a) l'agenda interne: il faut élargir la surveillance économique de la zone euro et aller au-delà de la seule surveillance budgétaire, pour identifier plus vite les risques de déséquilibres macroéconomiques, les développements au plan de la compétitivité et ceux liées à la stabilité financière. La surveillance budgétaire doit elle-même être approfondie pour s'assurer que la discipline prévaut sur tout le cycle. Enfin il faut poursuivre les réformes structurelles ; (b) la dimension externe: la zone euro doit renforcer son dialogue macroéconomique avec les Etats-Unis, la Chine et le Japon, mais aussi renforcer son pouvoir de négociation au plan multilatéral (une meilleure coordination des positions en attendant un siège unique dans les institutions financières internationales) ; (c) la gouvernance de l'UEM: les gouvernements doivent afficher une volonté politique claire pour renforcer la coordination au sein de l'Eurogroupe qui devrait avoir un rôle plus actif pour promouvoir les réformes structurelles dans les Etats membres. Le dialogue entre l'Eurogroupe et les Etats non membres de l'UEM devrait aussi être amélioré. (A.B.)

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