Bruxelles, 21/01/2008 (Agence Europe) - La pression s'accentue sur le Premier ministre britannique Gordon Brown pour qu'il organise un référendum sur le Traité de Lisbonne. Alors que les discussions à la chambre des communes House of Commons en vue d'une ratification parlementaire du traité par le Royaume-Uni ont commencé lundi 21 janvier, un groupe de 18 députés travaillistes (Labour, du parti de M. Brown) a annoncé qu'il fera campagne en faveur d'un référendum, avec le soutien évident des conservateurs et des libéraux démocrates qui ont toujours réclamé que le traité soit soumis au peuple. Ce week-end, les protagonistes d'un référendum ont par ailleurs reçu le soutien de la commission des Affaires étrangères de la chambre basse qui, dans un rapport publié dimanche 20 janvier, conclut que certains points-clés du Traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, ne sont pas différents des dispositions du projet de Constitution européenne rejeté en 2005.
Les membres de cette commission parlementaire estiment notamment que les structures de la politique étrangère de l'UE proposées par le Traité de Lisbonne sont identiques à celles du projet de constitution. Ils accusent en outre le gouvernement de minimiser l'importance de certaines nouveautés institutionnelles du Traité de Lisbonne, notamment le nouveau poste de « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » (l'ancien titre, « ministre européen des Affaires étrangères », avait été refusé par Londres) qui sera en même temps vice-président de la Commission européenne. « Nous en concluons qu'il n'y a pas de différences substantielles entre les dispositions relatives aux Affaires étrangères du traité, que le gouvernement souhaitait soumettre à référendum, et celles du Traité de Lisbonne, pour lequel un référendum a été écarté », affirment-ils dans leur rapport. Et les députés d'ajouter: « Nous craignons que le gouvernement sous-estime et minimise en public l'importance et le potentiel des nouvelles institutions chargées des Affaires étrangères créées par le traité de Lisbonne. Nous recommandons au gouvernement de reconnaître publiquement la portée des aspects diplomatiques du traité de Lisbonne ».
Pour le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, le rapport parlementaire ne changera rien à la position du gouvernement qui continuera à défendre la ratification du Traité de Lisbonne par simple ratification parlementaire. Le nouveau traité n'a rien de constitutionnel ; il s'agit d'un « simple traité de révision » qui n'implique aucune perte de souveraineté pour le Royaume-Uni et qui, par conséquent, peut et doit être ratifié par le Parlement, a-t-il dit à la BBC. (H.B.)