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Bulletin Quotidien Europe N° 9584
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Sofia conclut avec Moscou plusieurs accords d'intérêt européen en matière de sécurité énergétique

Bruxelles, 21/01/2008 (Agence Europe) - Lors d'une visite officielle à Sofia, vendredi 18 janvier, du président russe Vladimir Poutine, la Bulgarie et la Russie ont signé pas moins de huit accords énergétiques, dont les trois plus importants présentent un intérêt européen en matière de sécurité énergétique. Des accords qui permettent à la Bulgarie d'assurer à long terme sa sécurité énergétique, en partie menacée depuis la fermeture totale de la centrale nucléaire de Kozloduy, mais également de contribuer à celle de l'UE. Des accords qui permettent en outre à la Russie, principal fournisseur de gaz à l'UE et 2ème exportateur mondial de pétrole, de consolider sa position sur l'échiquier énergétique européen, en particulier dans les Balkans.

En premier lieu, les autorités bulgares et russes ont signé un contrat de 4 milliards d'euros pour la construction d'une centrale nucléaire à Belene. Pour sa première réalisation dans un pays de l'UE, le groupe russe Atomstroyexport détiendra 49% du capital de la centrale (les 51% restant appartiendront à la compagnie nationale d'électricité bulgare, la NEC). Sous-traitant d'Atomstroyexport, le consortium franco-allemand Areva-Siemens fournira pour sa part les équipements de sécurité, les systèmes de contrôle et de gestion, les systèmes électriques et des éléments des systèmes de chauffage et de ventilation. Le schéma de financement doit encore être déterminé par Sofia avant la fin de l'année, mais le président Poutine a assuré que Moscou est prêt à accorder un crédit à la partie bulgare. En décembre dernier, Sofia a obtenu le feu vert de la Commission européenne pour la construction d'une centrale à Belene, sur le Danube. Dotée de deux réacteurs de 1 000 mégawatts chacun, la centrale devrait démarrer en 2013 et rester en exploitation pendant 60 ans. Commencée en 1987 avec un investissement initial de près d'un milliard de dollars, sa construction avait été gelée en 1990 sous la pression de mouvements écologistes après la chute de la dictature communiste. Avec cette nouvelle centrale, la Bulgarie espère retrouver sa position de grand exportateur d'énergie qu'elle a perdu lors de la fermeture partielle, fin 2006, de la centrale de Kozloduy. Après avoir fermé fin 2002 les tranches 1 et 2 de la centrale pour permettre le début des négociations d'adhésion à l'UE, Sofia avait dû accepter, à contrecoeur, d'éteindre les réacteurs 3 et 4 comme condition à son adhésion au 1er janvier 2007. Un renoncement lourd de conséquences pour la sécurité énergétique du pays et des Balkans puisque, après avoir exporté 8 milliards de KWH dans les Balkans en 2006, la Bulgarie a vu ses exportations se réduire à 300 millions de KWH en 2007 avant d'être totalement arrêtées la semaine dernière. La veille de la venue à Sofia du président Poutine, le Premier ministre bulgare Serguei Stanichev avait réaffirmé sa volonté de convaincre l'UE de la nécessité de rouvrir les réacteurs 3 et 4 de Kozloduy (d'une puissance de 440 MW chacun), réacteurs qui avaient été modernisés avant leur fermeture. Une possibilité aussitôt exclue par la Commission, via le porte-parole du commissaire à l'Energie Andris Piebalgs, Ferran Tarradellas.

Les autorités bulgares et russes ont également conclu un accord intergouvernemental fixant la participation bulgare au projet de gazoduc russo-italien South Stream. D'une longueur de 900 kilomètres et d'une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, South Stream permettra d'acheminer le gaz russe via la mer Noire puis la Bulgarie, où le gazoduc se divisera en deux bras, l'un allant vers la Grèce et l'Italie, l'autre rejoignant également l'Italie via la Roumanie, la Hongrie, la République tchèque et l'Autriche. Le coût total du projet bâti par le gazier russe Gazprom et l'énergéticien italien ENI est évalué à 10 milliards d'euros. Réagissant à cet accord par la voix de M. Tarradellas, la Commission a rappelé qu'elle considère le projet concurrent Nabucco comme une « grande priorité par rapport à South Stream du fait qu'il diversifiera non seulement les routes de transports mais aussi les sources d'approvisionnement ». Destiné à réduire la dépendance de l'UE aux importations de gaz russe, le gazoduc Nabucco, d'une longueur de 3 300 kilomètres, acheminera vers l'Autriche le gaz d'Asie centrale (notamment d'Azerbaïdjan) depuis la mer Caspienne en traversant la Turquie, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, contournant donc la Russie. « Du fait que la Bulgarie ne manifeste aucune opposition au projet Nabucco, perçu comme un concurrent de South Stream, il n'y a aucune raison de mettre en question son consentement à un autre gazoduc soutenu par l'UE car il constitue une nouvelle route d'approvisionnement pouvant contribuer à la sécurité énergétique de l'UE », a assuré M. Tarradellas à la presse bulgare. Bien avancées avec la Hongrie (EUROPE n° 9502), les discussions entre Sofia et la Commission sur le projet Nabucco restent néanmoins dans l'impasse à ce stade.

Enfin, les autorités bulgares et russes ont également conclu un accord confirmant la participation de Sofia au projet d'oléoduc Burgas-Alexandroupolis, nouvel itinéraire de transport du pétrole russe depuis les ports de la mer Noire jusqu'aux marchés de l'Europe, des Etats-Unis et de la région Asie-Pacifique via la Bulgarie et la Grèce. Long de 280 kilomètres et d'une capacité annuelle de 35 à 50 millions de tonnes, ce projet de pipeline au coût évalué à près de 800 millions d'euros devrait être opérationnel en 2009-2010. En avril 2005, les chefs d'Etat de Bulgarie, Grèce et Russie avaient signé un mémorandum intergouvernemental sur la coopération entre leurs trois pays dans la réalisation de ce projet. (E.H.)

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