Bruxelles, 13/12/2007 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 13 décembre, une résolution commune des groupes PPE-DE, PSE, ADLE, UEN et Verts-ALE sur la situation dans l'est du Tchad, le Parlement européen plaide pour un déploiement sans délai de la mission EUFOR Tchad/RCA. Les députés déplorent que cette mission ne soit toujours pas dotée d'un équipement indispensable, comme des hélicoptères et des équiements sanitaires, pour permettre aux troupes de remplir leur mandat. Ils appellent l'UE et les Etats membres à honorer la décision politique qui a été prise, la crédibilité de l'UE en matière d'affaires étrangères sur la scène internationale étant en jeu. Rappelant l'importance de la neutralité de la force européenne, qui ne doit pas être perçue comme une opération conduite par les Français, le Parlement demande aux autres Etats membres d'envoyer des contingents importants et à l'EUFOR de lancer une stratégie de communication globale sur son mandat auprès de la population locale. Il espère qu'un premier déploiement de soldats pourra avoir lieu avant la fin de l'année et que la mission sera entièrement déployée en février ou au début de mars 2008. Les députés déplorent aussi l'insistance du président soudanais, Omar el-Béchir, à vouloir que la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD) soit exclusivement composée d'Africains. Et de suggérer d'inclure dans le mandat de la force hybride, la recherche et l'arrestation de ceux contre lesquels le TPI a lancé des mandats d'arrêt. Soulignant également l'étendue des violences contres les populations civiles de la région, en particulier celles liées au sexe, les parlementaires proposent que les forces de la MINUAD et de l'EUFOR Tchad/RCA bénéficient d'une formation adéquate sur la conduite à tenir en cas de violence sexuelle, notamment pour répondre aux besoins particuliers des victimes.
Comme l'ensemble des intervenants du débat qui a précédé le vote de la résolution, Adam Bielan (UEN, polonais) a d'emblée souligné le caractère « indispensable » de cette mission. Sans mettre en doute la nécessité d'intervenir au Tchad, Mary-Lou McDonald (GUE-NGL, irlandaise) considère que telle qu'elle est conçue la mission ne renforcera pas la sécurité. Soulignant le « manque de clarté du mandat », elle estime que, dans leur configuration actuelle, les troupes n'offrent pas toutes les garanties de neutralité. Or, une mission aussi française va dans le sens de la « provocation », a-t-elle déclaré. D'autres pays participent également à cette mission, dont le commandement a été confié à l'Irlandais Patrick Nash, lui a rétorqué son compatriote Colm Burke (PPE-DE), qui rejette l'idée que cette mission soit biaisée. Alors que le Conseil a donné son feu vert au déploiement de la mission dès le 15 octobre dernier, celui-ci n'a toujours pas eu lieu, a regretté le socialiste belge Alain Hutchinson. Ce n'est « pas acceptable » et il est urgent que l'opération se concrétise, a-t-il constaté. L'UE va utiliser tous les moyens à sa disposition pour venir en aide au Tchad, a déclaré au nom de la Commission Günter Verheugen. Une aide aux réfugiés de la même ampleur que celle fournie en 2007 est prévue en 2008. Pour la formation de la police tchadienne, l'UE soutient l'action des Nations unies à hauteur d'environ 10 millions d'euros (au titre de l'instrument de stabilisation), alors qu'environ 10 autres millions sont aussi prévus pour la reconstruction. Une présence militaire est « indispensable » pour atteindre le but ultime du retour de la sécurité dans la région, a convenu le commissaire Verheugen. Mais il faudra aussi éliminer les sources de conflit, rechercher une solution politique et s'attaquer au problème de la pauvreté, a-t-il ajouté. (A.B./L.G.)