Bruxelles, 07/11/2007 (Agence Europe) - Les pressions internationales se multiplient sur le président pakistanais Pervez Musharraf, pour qu'il mette un terme à l'état d'urgence décrété le 3 novembre et qu'il maintienne les élections législatives prévues en janvier 2008. Dans une déclaration publiée le 6 novembre, l'UE se dit « vivement préoccupée » par la situation au Pakistan, où les libertés fondamentales ont été suspendues. La Présidence portugaise « répète avec force qu'il importe d'organiser des élections libres et régulières à la date prévue, de rétablir un régime civil et de respecter à nouveau pleinement les droits de l'homme, y compris l'indépendance du pouvoir judiciaire et la liberté des médias ». S'inquiétant des nombreuses arrestations de dirigeants politiques, juristes, journalistes défenseurs des droits de l'homme et représentants de la société civile et espérant que les conditions nécessaires pour la tenue d'élections législatives libres et régulières en janvier seront réunies, l'UE appelle le gouvernement pakistanais à prendre sans attendre des mesures visant à: - rétablir la Constitution; - mettre en place les conditions nécessaires pour que des élections libres et régulières puissent avoir lieu, comme prévu, au mois de janvier; - libérer l'ensemble des prisonniers politiques (et notamment les membres de l'ordre judiciaire), ainsi que Mme Asma Jahangir, rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction; - veiller à ce que l'engagement pris par le président de démissionner de ses fonctions de chef de l'état-major de l'armée au plus tard le 15 novembre soit respecté; - rechercher résolument la réconciliation avec l'opposition politique ; - assouplir les restrictions imposées aux médias.
Lors d'un débat organisé lundi 5 novembre par la sous-commission droits de l'homme du Parlement européen, les députés ont eux aussi critiqué l'état d'urgence imposé par le président pakistanais. Cette rencontre avec des ONG actives au Pakistan et au Bangladesh était prévue de longue date, mais les évènements du week-end dernier ont largement alimenté les échanges. Des événements jugés « inacceptables » par Jo Leinen (PSE, allemand) et « inquiétants » par la présidente de la sous-commission, la verte française Helène Flautre. De nombreux intervenants se sont aussi interrogés sur l'éventualité de suspendre l'aide européenne au Pakistan, sans toutefois oublier que celle-ci vise surtout à réduire la pauvreté et améliorer l'éducation. (A.B.)