Athènes, 24/10/2007 (Agence Europe) - Les Conseils économiques et sociaux (CES) et institutions similaires d'Europe et du pourtour méditerranéen réclament une implication accrue des sociétés civiles et des femmes dans le processus de Barcelone et la PEV (politique européenne de voisinage). Les gouvernements sont appelés à veiller au « renforcement des structures participatives» et à l'équilibre entre compétitivité et cohésion sociale. Ils ont tenu leur « sommet », les 15 et 16 octobre à Athènes, ouvert par le président de la République hellénique, Carolos Papoulias, et clos par la ministre des Affaires étrangères, Dora Bakoyannis.
Dans leur déclaration finale, les Conseils estiment que « les différentes politiques et initiatives à développer dans le cadre de la coopération euroméditerranéenne doivent être axées sur le renforcement mutuel et complémentaire entre la compétitivité et la cohésion sociale ». Ils soulignent « l'importance de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises sur la base de critères identiques pour les deux rives de la Méditerranée ». Cela suppose, estiment-ils, « l'implication systématique des CES et des institutions similaires, ainsi que des réseaux euroméditerranéens de la société civile (partenaires sociaux, économie sociale, producteurs agricoles) » dans le processus. Ils s'engagent, pour leur part, « à développer (…) des activités intégrant l'ensemble des autres réseaux socio-professionnels et notamment les réseaux des partenaires sociaux ». Des initiatives particulières seront prises en 2008 pour promouvoir la « dimension sociale » du dialogue euroméditerranéen en liaison avec les deux futures Présidences de l'UE, slovène et française. Les CES souhaitent que « la mise en œuvre de la politique européenne de voisinage intègre pleinement les dimensions régionale et locale dans une perspective de développement durable ». Pour ce faire, ils demandent que les ressources affectées aux actions sociales soient « développées et que les procédures soient simplifiées ». La création d'une Banque euroméditerranéenne d'investissement et de développement est recommandée. Ils se réjouissent en outre de « l'approfondissement des relations avec l'Assemblée parlementaire Euromed ». La prochaine session annuelle aura lieu au Maroc.
Les débats au cours de la session ont été intenses, nourris par des interventions axées pour la plupart sur le besoin de « transformer les défis en opportunités », comme l'a résumé la chef de la diplomatie hellénique. Représentants du monde des entreprises, du syndicalisme, de la société civile et des universités ont établi un diagnostic détaillé, marqué par un souci de prudence pour que ne soit pas semée l'illusion et pour qu'il ne soit pas porté atteinte au principe de la parité. « Il faut gérer le dialogue et se confronter aux défis anciens auxquels s'ajoutent de nouveaux » liés aux malentendus pouvant surgir, comme à l'occasion de l'affaire dite des caricatures danoises. Le besoin de plus de « transparence » du processus a été exprimé à maintes reprises. Le président de l'Union méditerranéenne des Confédérations d'Entreprises, Jean Jacques Sarraf, a appelé à intensifier le rapprochement. « Désormais un marché n'est jamais assez grand (et) il n'est de croissance que dans l'ouverture des marchés ». Il pose cependant un préalable: « L'ouverture au Nord devrait être soutenue par une ouverture préalable entre pays du Sud ». Car « l'évolution de la technologie permet difficilement aujourd'hui un échange équilibré avec le Nord. L'exportation de matières premières ou de travail non qualifié contre l'importation de produits et services sophistiqués donne certes des revenus aux pays du Sud mais ne permet pas l'amélioration de la productivité, c'est-à-dire du standard de vie ». Pour le représentant du monde syndical, Mohamed Trabelsi, s'exprimant au nom des syndicats arabes, la PEV n'est qu'une « fuite en avant pour contourner le constat d'échec du partenariat ». D'ailleurs, dit-il, « la multiplication des initiatives » (PEV, Union méditerranéenne) « témoigne des difficultés du processus et incite à procéder à une analyse objective et autocritique pour détecter les causes et les origines » de l'échec. Ce travail doit se faire « avec la participation effective des partenaires sociaux ». Alors que ces derniers ont été, a affirmé M. Trabelsi, totalement ignorés lors de la signature des accords actuels. (F.B.)