Bruxelles, 18/10/2007 (Agence Europe) - Selon la Commission européenne, la stratégie communautaire pour la croissance et l'emploi donne de bons résultats, « mais l'UE doit en faire davantage pour exploiter tout son potentiel et parvenir à plus de justice sociale et de cohésion économique ». Partant de ce constat, elle a présenté, mercredi 17 octobre, une stratégie d'« insertion active » à long terme des couches les plus défavorisées de la population dans l'UE. En clair, comme l'a souligné Vladimír Špidla, il s'agit d'«aider les États membres à mobiliser ceux qui peuvent travailler et à apporter une assistance adéquate à ceux qui ne le peuvent pas ». « L'insertion sociale et la présence sur le marché de l'emploi vont de pair », fait valoir le commissaire européen aux Affaires sociales qui précise que la stratégie de la Commission « conjugue trois éléments: aide au revenu appropriée, accès à des marchés du travail inclusifs et services sociaux de qualité ».
La croissance et l'emploi sont à la hausse et le chômage recule dans les Etats membres de l'UE. Reste que la pauvreté touche 16 % de la population européenne: un Européen sur cinq habite un logement insalubre, un sur dix vit dans un foyer où personne n'a d'emploi et la proportion d'enfants touchés par le décrochage scolaire dépasse les 15 %.
Pour la Commission, l'intégration à long terme des couches défavorisées de la population dans le marché de l'emploi requiert une méthode structurée. Les personnes concernées doivent, en premier lieu, bénéficier de ressources suffisantes et avoir accès à des services sociaux et à des services de recherche d'emploi qui soient adaptés à leur cas, ce qui les aidera à occuper une place dans la société et augmentera leur aptitude au travail. Dès qu'elles auront obtenu un emploi, la Commission estime qu'il conviendra de veiller à ce qu'elles le conservent, notant au passage que le fait d'avoir trouvé un emploi n'est pas forcément synonyme de réintégration sociale. Elle relève aussi que le travail n'est pas toujours une garantie contre l'indigence: au sein de l'UE, 8 % de travailleurs risquent aujourd'hui de passer en deçà du seuil de pauvreté.
Lutter contre la pauvreté avec succès implique pour la Commission une participation sans réserve des pouvoirs publics à tous les niveaux, surtout aux niveaux régional et local. Elle considère aussi que les partenaires sociaux ont un rôle majeur à jouer dans l'amélioration de l'offre d'emplois aux personnes défavorisées en élaborant des procédures de recrutement adéquates et en œuvrant pour la conservation de l'emploi.
Dans le droit fil d'une consultation publique menée au printemps 2006, la Commission propose d'approfondir la coopération autour de la politique sociale à l'échelon de l'Union grâce à l'adoption d'un ensemble de principes communs qui régiront les trois phases de l'insertion active, de même que leur supervision et leur évaluation ultérieures, compte tenu des situations et des besoins spécifiques de chaque État membre. Ces principes seraient énoncés dans une recommandation qui servirait de base à des conclusions du Conseil et à une résolution du Parlement européen. Divers instruments financiers communautaires - dont le Fonds social européen, qui investit plus de dix milliards d'euros par an au bénéfice des citoyens - « sont là pour soutenir la stratégie de l'insertion active », souligne la Commission. Texte de la communication: http: //ec.europa.eu/employment_social/social_inclusion/docs/2007/comm_620_fr.pdf. (O.L.)