Bruxelles, 30/08/2007 (Agence Europe) - La Conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen a accepté, jeudi 30 août, la proposition du président français de la Gauche unitaire européenne, Francis Wurtz, demandant à la Commission européenne de faire une déclaration lors de la prochaine session plénière à Strasbourg (3-6 septembre) sur la menace de fermeture des chantiers navals de Gdansk (voir EUROPE n° 9490). La Commission est invitée à faire une déclaration, mardi 4 septembre au matin, après quoi, les députés discuteront de ce sujet et du sort des 3000 ouvriers du chantier. Le débat s'est élargi mercredi à un nouvel acteur, lorsque le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, a adressé une lettre à Bruxelles, où il attire l'attention sur le caractère spécifique de Gdansk et met en garde contre la réduction de la capacité de production du chantier.
Dans cette lettre destinée au président de la Commission, José Manuel Barroso, et à la commissaire chargée de la concurrence, Neelie Kroes, M. Borusewicz souligne que le chantier n'est pas uniquement un établissement qui produit des navires, mais « un des plus importants symboles de la Pologne contemporaine, l'endroit, où les ouvriers se sont opposés pour la première fois efficacement au régime communiste ». La situation difficile du chantier n'est pas uniquement, d'après lui, le résultat d'une restructuration ratée, mais avant tout la conséquence des décisions politiques prises par les gouvernements communistes avant 1989.
« La fermeture de deux des trois cales dans le chantier naval de Gdansk signifie qu'il cessera de produire les navires, et qu'il ne sera plus capable que de construire des sous-produits pour d'autres acteurs sur le marché » , écrit M. Borusewicz. Il estime par ailleurs qu'il serait toujours possible de sauver Gdansk par le biais de « sa privatisation rapide ». «La fermeture du chantier sera un échec de la solidarité européenne et priverait de l'espoir les familles qui vivent grâce au chantier », a-t-il dit en rappelant qu'il est le « lieu de naissance d'un grand mouvement social appelé « Solidarnosc » ». Une délégation du syndicat vient ce vendredi 31 août à Bruxelles, pour protester contre les plans de la Commission qui estime que la réduction de la capacité de production du chantier est la condition sine qua non d'obtention des aides d'Etat. La Commission est toujours en train d'examiner les informations, que les autorités du chantier, lui ont transmises à sa demande, le 21 août, concernant le plan de restructuration de Gdansk. Le conflit s'articule autour du nombre des cales à fermer. La Commission estimait dans sa décision de juillet, que deux des trois cales devraient être fermées, pour que le niveau de production soit compatible avec le bénéfice des aides d'Etat. Dans un premier temps, Varsovie, craignant que la diminution de capacité de production rebute les acheteurs potentiels (voir EUROPE n° 9484), souhaitait en maintenir deux cales en activité. Les nouveaux plans transmis par la direction du chantier proposent maintenant la fermeture de toutes les cales et la construction d'un bassin flottant capable de reprendre une partie de la production. (aby)