Bruxelles, 30/08/2007 (Agence Europe) - Une semaine avant la réunion du conseil d'administration de la Banque centrale européenne, jeudi prochain à Francfort, la Confédération européenne des syndicats (CES) demande à tenir pleinement compte des turbulences actuelles qui agitent les marchés financiers européens lorsqu'elle décidera de la politique monétaire et fixera les taux d'intérêt. La CES demande avec insistance à la BCE de ne pas augmenter ces taux, voire même de les réduire si nécessaire.
« Les taux d'intérêt à trois mois atteignent à présent 4,75%, soit exactement le niveau qui, en 2000, avait plongé l'économie européenne dans le marasme pendant cinq ans. Pour maintenir la croissance et conserver de bonnes perspectives d'emploi, la BCE doit envisager une réduction ponctuelle des taux d'intérêt », explique le secrétaire général adjoint de la CES, Rainer Hoffmann, dans un communiqué.
Outre ces mesures immédiates, la CES appelle également tous les acteurs économiques à repenser et à adapter le modèle mondial et européen de prise de décision économique et financière. Les corrections devraient en particulier viser deux phénomènes: (1) en poursuivant l'annulation des déficits et dettes publics, le modèle politique actuel se fonde sur un rôle limité du secteur public, tout en externalisant la gestion de l'économie réelle aux banques centrales et aux marchés financiers ; (2) en fournissant des liquidités sans aucun critère à n'importe quel acteur (privé) pour n'importe quelle raison, ce modèle de « capitalisme casino » a provoqué 4 à 5 crises majeures en 15 ans (épargne et emprunts aux Etats-Unis au début des années 90, crise des fonds spéculatifs Long-term Capital Management et crise financière asiatique en 1998, explosion de la bulle des technologies de l'information et de la communication avec surendettement des entreprises en 2001-2003, créances hypothécaires sub-prime en 2007, rappelle la CES dans son communiqué). En concluant par une mise en garde: si le secteur public ne recommence pas à jouer son rôle d'acteur économique et de régulateur, le « capitalisme de casino » continuera d'agir de la sorte. (gb)