Bruxelles, 30/08/2007 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission européenne, chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité (JLS), Franco Frattini, s'est rendu, jeudi 30 août à Paris, pour rencontrer Rachida Dati, Garde des sceaux, ministre française de la Justice. Le Garde des sceaux et le vice-président devaient évoquer ensemble des thèmes majeurs comme la coopération judiciaire européenne et la future Présidence française de l'Union européenne. Au menu des discussions figurait également la proposition française d'extension du dispositif Alerte enlèvement aux Etats membres de l'Union. A l'issue de sa rencontre avec la ministre, M. Frattini a dit espérer que ce dispositif devienne « un système européen », demandant à Mme Dati « de présenter le modèle français dans quelques semaines aux autres pays » de l'UE. « Il faut faire en sorte que les autres pays l'adoptent », a-t-il insisté, selon AFP. Le plan d'urgence inspiré des systèmes « Ambert alert » créés aux Etats-Unis en 1996 et au Québec en 2003 a permis de retrouver plusieurs enfants disparus depuis sa mise en place officielle en France, le 28 février 2006. Plus récemment, le 15 août 2007, un garçon de cinq ans, enlevé à Roubaix, a pu être retrouvé grâce à la mise en place de ce système. Parmi les projets en matière de justice que la France souhaite porter durant sa présidence tournante de l'UE à compter du 1er juillet 2008, Mme Dati a également mis en avant la mise en place d' « équipes communes d'enquêteurs », d'une « formation commune des magistrats » européens et la possibilité que les décisions de justice rendues dans un Etat de l'UE soient « exécutoires dans tous les autres ». La veille de cette rencontre, le Commissaire italien avait rencontré le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, au cours d'un séminaire à Saint-Priest-Bramefant (Puy-de-Dôme). Le ministre français en a profité pour annoncer que, sous la présidence française, l'Union européenne créerait un « grand pacte européen sur les migrations ». Le pacte européen sur les migrations, l'un des principaux dossiers que traitera la Présidence française à compter du 1er juillet 2008, proposera notamment « le refus de la régularisation massive au sein de l'Union européenne », a expliqué Franco Frattini. Ce pacte devra « établir une stratégie commune concernant la politique sur le droit d'asile des réfugiés politiques ». Se déclarant en plein accord avec « l'approche française de la politique migratoire »,
M. Frattini a également évoqué la nécessité de mettre au point une « stratégie euroméditerranéenne », qui fasse en sorte que « la Méditerranée ne soit pas une mer où les gens perdent la vie mais redeviennent une grande région de sécurité et de dialogue ». Franco Frattini a également rappelé qu'il lancerait en octobre une « carte bleue » délivrée par l'Union européenne. Ce permis de circulation intra-européenne sera destiné aux travailleurs et étudiants hautement qualifiés. (bc)