Bruxelles, 03/07/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, le 27 juin, un rapport sur l'évolution des produits laitiers et des produits concurrents. Il met en évidence le manque criant de données sur les produits concurrents du lait et des produits laitiers, mais la Commission est d'avis que l'incidence de ces produits de substitution sur le marché reste encore marginale, même si leurs prix inférieurs leur confèrent un avantage.
Dans ce rapport, la Commission souligne que les fabricants respectent les règles d'étiquetage des produits concurrents du lait et des produits laitiers, contrairement aux détaillants qui, parfois, ne respectent pas le règlement de 1987 concernant la protection de la dénomination du lait et des produits laitiers lors de leur commercialisation. Cette négligence « risque évidemment d'induire le consommateur en erreur », écrivent les auteurs du rapport. Produits laitiers et produits concurrents sont fréquemment rangés côte à côte dans les rayons des magasins, avec des emballages similaires. Le consommateur, poursuit la Commission, peut donc être trompé par le produit de substitution si celui-ci n'est pas clairement identifié comme un produit non laitier. Les services de la Commission ont repéré plusieurs produits qui ne respectent pas les dispositions du règlement communautaire sur les dénominations: fromage de soja, lait avec gelée royale, lait avec isoflavones de soja, lait avec stérols végétaux. Si certains Etats membres interdisent de telles dénominations, d'autres ne semblent pas lutter contre ces dénominations abusives, constate la Commission.
Le rapport confirme par ailleurs que plutôt que du lait nature, les enfants préfèrent maintenant boire du lait aromatisé. Le lait naturel est moins demandé, alors que les aliments et les boissons contenant des ingrédients laitiers sont particulièrement à la mode: mélanges de jus de fruit et de lait ou de produits laitiers, cappuccino et boissons similaires, chaudes ou froides. La Commission note que les produits laitiers de base sont parfois remplacés par des produits alimentaires contenant des ingrédients laitiers, fabriqués principalement à partir de la fraction protéique. Les produits à base de lactosérum, autrefois considéré comme un résidu dont l'élimination était problématique, sont présentés à présent comme des «produits alimentaires sains» ou comme des composantes essentielles des aliments diététiques. Au début de l'année 2007, les prix du lactosérum se sont envolés à un niveau jamais atteint jusqu'alors.
L'évolution du marché du lait de consommation montre clairement la préférence des consommateurs pour le lait demi écrémé ou écrémé. Les habitudes en ce qui concerne le lait de consommation diffèrent selon les États membres. Au sein de l'UE (à 25 Etats membres), le lait entier représente plus d'un tiers du lait de consommation, le lait demi écrémé plus de 50 % et le lait écrémé 10 %. Les données nationales indiquent cependant des écarts considérables entre les États membres: ainsi, alors que dans certains pays, la consommation de lait écrémé est marginale (moins de 3 %), elle peut représenter dans d'autres pays, comme le le Danemark, jusqu'à 49 % du lait de consommation.
Le rapport confirme aussi le succès grandissant du yoghourt, dont la production est en hausse constante. Certains yoghourts de base ont cédé la place à des yoghourts aromatisés ou des produits agrémentés de fruits, de fruits secs ou de céréales. Le fromage est un autre produit très demandé et sa production augmente de façon régulière. Le fromage s'affirme de plus en plus comme l'une des composantes principales d'un régime alimentaire équilibré, grâce notamment à une gamme élargie de produits contenant moins de matières grasses. Les nouvelles spécialités fromagères, le fromage utilisé dans les sandwiches ou les salades, le fromage râpé ou en poudre pour un usage culinaire ou le fromage sous la forme de produit transformé, ont également stimulé la consommation.
Enfin, la Commission constate que les produits étiquetés «bio» sont à présent largement disponibles dans les magasins de détail, alors qu'ils étaient il y a encore quelques années des produits de niche coûteux. Ils sont vendus à un prix plus élevé et peuvent également se révéler plus rentables pour les producteurs de lait. Parmi les innovations récentes dans le secteur des produits laitiers, le rapport signale l'apparition d'un produit dénommé Labam (boisson de lait fermenté) répondant aux habitudes des populations originaires d'Afrique du Nord. (lc)