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Bulletin Quotidien Europe N° 9460
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/bresil

Le sommet de Lisbonne doit lancer un vaste partenariat stratégique et réaffirmer l'engagement des parties à conclure les négociations commerciales du round de Doha et UE/Mercosur

Bruxelles, 03/07/2007 (Agence Europe) - Le premier ministre portugais et président du Conseil européen José Sócrates et le président brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva dirigeront, mercredi à Lisbonne, les travaux du premier sommet UE/Brésil, en marge duquel se déroulera un premier Sommet des affaires UE/Brésil. Le sommet de Lisbonne fournira l'occasion aux parties de s'engager dans un dialogue politique plus large sur les questions mondiales, régionales et bilatérales d'intérêt commun via un partenariat stratégique sur la base d'une proposition de la Commission européenne (EUROPE n° 9436). Les parties devraient, en outre, réaffirmer leur engagement à conclure des négociations commerciales dans l'impasse, aussi bien au plan multilatéral (round de Doha) qu'au plan birégional (négociations UE/Mercosur).

Le sommet de Lisbonne doit donner le feu vert au lancement d'un partenariat stratégique entre l'Union et le Brésil reposant en premier lieu sur un renforcement du dialogue politique. Européens et Brésiliens souhaitent avant tout œuvrer conjointement au renforcement du multilatéralisme, à l'amélioration du système des Nations unies et à la promotion des droits de l'homme. Conformément à la proposition de la Commission, les parties devraient « convenir de la nécessité d'identifier et de promouvoir des stratégies communes » pour répondre aux défis mondiaux - paix et sécurité, démocratie et droits de l'homme, lutte contre la pauvreté, les inégalités et l'exclusion ainsi que les questions environnementales (changement climatique, protection des forêts, gestion de l'eau, biodiversité) et la promotion des énergies renouvelables - et régionaux - stabilité et prospérité en Amérique latine, renforcement du processus birégional UE/Amérique latine et coopération en matière d'intégration régionale avec le Mercosur.

Le partenariat stratégique repose également sur un renforcement des dialogues politiques sectoriels. Européens et Brésiliens devraient en particulier saluer les progrès des dialogues ouverts dans les domaines du transport maritime, des sciences et technologies et de la société de l'information. Ils devraient en outre convenir du lancement de nouveaux dialogues stratégiques dans les domaines de l'énergie, de l'emploi et des affaires sociales, du développement régional, de la culture et de l'éducation et d'un mécanisme de consultation dans le domaine des questions sanitaires et phytosanitaires. Les parties devraient, en outre, saluer l'entrée en vigueur de l'accord de coopération UE/Brésil dans le domaine des sciences et technologies.

Enfin, Européens et Brésiliens devraient également souligner l'importance de stimuler dans le cadre de ce partenariat, les contacts entre les sociétés civiles et les échanges entre les peuples.

Dirigeants européens et brésiliens espèrent par ailleurs que ce rapprochement entre l'Union et le Brésil facilitera la relance de négociations commerciales - multilatérales et birégionales - mal en point.

La réunion prévue mercredi soir à l'occasion d'un dîner auquel participeront, outre M. Sócrates, les chefs d'Etat et de gouvernement français, italien et espagnol, respectivement Nicolas Sarkozy, Romano Prodi et José Luis Rodriguez Zapatero, fournira « l'occasion idéale » pour le président Lula et ses homologues européens de « rapprocher leurs points de vue » sur les négociations commerciales multilatérales du round de Doha, a estimé cette semaine Celso Amorim. Le chef de la diplomatie brésilienne, qui a prématurément claqué la porte de la réunion du G-4 (Union, Etats-Unis, Brésil et Inde) à Potsdam, retrouvera pour sa part, en marge du sommet, le commissaire au Commerce Peter Mandelson. Dans leur déclaration conjointe, dirigeants européens et brésiliens devraient affirmer leur « croyance partagée qu'une libéralisation plus poussée du commerce et une stimulation des flux d'investissement contribuera à la croissance économique et à la prospérité de leur population ». Ils devraient en outre réaffirmer leur « ferme engagement à conclure rapidement le round de développement de Doha » via un « accord ambitieux et équilibré conforme aux objectifs de développement du round et qui stimule significativement des flux d'échanges en agriculture, produits manufacturés et services parmi et entre les pays développés et en développement, et promeuve des règles efficaces pour le commerce ». De source diplomatique toutefois, Brasilia préférerait que la déclaration finale fasse mention d'un effort moins que proportionnel de la part des pays en développement dont le Brésil.

Le sommet devrait également fournir l'occasion aux parties d'évaluer les conditions dans lesquelles réactiver les négociations pour un accord de libre-échange entre l'Union et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) embourbées depuis l'échec de Lisbonne en 2004 (EUROPE n° 9456). « Bilatéralement, nous pouvons offrir des choses que nous ne pouvons pas offrir dans le cadre multilatéral », a réaffirmé cette semaine M. Amorim, tout en soulignant qu'une reprise sera difficile sans une plus grande ouverture de l'Europe sur l'agriculture. Dans leur déclaration, l'Union et le Brésil devraient se dire « fermement engagés à conclure un accord d'association UE/Mercosur qui va approfondir les flux d'échanges et d'investissement de région à région ».

Enfin, dirigeants européens et brésiliens devraient souligner leur intention de mettre en place un dialogue sur les questions macroéconomiques et financières. (eh)

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