Bruxelles, 10/04/2007 (Agence Europe) - La nouvelle Agence européenne des droits fondamentaux de l'UE, qui a ouvert ses portes à Vienne en mars dernier, presse les gouvernements de l'UE de recourir à la
« discrimination positive » pour mettre fin aux injustices dont sont victimes les Roms et les Gens du voyage. « Nous avons besoin de renforcer l'action sur le terrain et d'appliquer avec rigueur des politiques qui s'attaquent aux racines profondes de la discrimination et des stéréotypes négatifs dont sont victimes les Roms et les Gens du voyage », a indiqué Beate Winkler, la directrice de l'Agence, à l'occasion de la Journée internationale des Roms, le 8 avril dernier. Elle a appelé les autorités européennes, nationales et locales à intensifier les initiatives et à s'attaquer aux discriminations profondément ancrées dont sont victimes les Roms et les Gens du voyage en matière d'éducation, d'emploi et d'accès à la santé et aux services. Alors que le taux de chômage parmi les Roms atteint pas moins de 70 à 90% dans certains Etats membres, Mme Winkler souligne que la législation communautaire sur la lutte contre la discrimination prévoit spécifiquement le recours à « l'action positive ». Selon elle, les employeurs pourraient, par exemple, mener des campagnes de recrutement ciblées ou proposer des formations professionnelles aux Roms et aux Travellers. « Pour extirper les racines profondes des discriminations à l'égard des Roms et des Gens du voyage, il faut aller au-delà de la simple égalité de traitement », a conclu Mme Winkler. Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a également tenu à rappeler les paroles de Vladimir Špidla, Commissaire européen à l'emploi, aux affaires sociales et à l'égalité des chances: « La situation des Roms est une problématique européenne qui requiert une solution européenne ». Une enquête Eurobaromètre récente, réalisée en janvier 2007 pour le lancement de l'Année européenne de l'égalité des chances pour tous, a révélé que 77% des Européens estiment qu'être Rom constitue un désavantage dans leur pays. «L'UE a beaucoup œuvré pour l'inclusion des Roms, mais la situation reste grave; l'UE doit désormais maintenir son énergie et revigorer ses efforts pour trouver des solutions aux problèmes auxquels sont confrontées ces communautés (Roms, Sinti et Gens du voyage)», a déclaré le Président d'ENAR, Bashy Quraishy. Les Roms forment en Europe une communauté d'environ dix millions de personnes. (bc)