Bruxelles, 20/03/2007 (Agence Europe) - Le Commissaire européen à la Justice Franco Frattini presse la Roumanie d'adopter le plus rapidement possible la loi sur la création d'une Agence nationale de l'intégrité, chargée de vérifier l'origine des avoirs des ministres et des élus. « Il est extrêmement important que le parlement approuve très prochainement la proposition », a-t-il déclaré, après avoir rencontré les 16 et 17 mars de hauts responsables politiques roumains. Ce déplacement a eu lieu alors que Bucarest doit présenter avant le 31 mars à la Commission européenne un rapport de suivi dans les domaines de la justice et de la lutte anti-corruption. En juin, ce sera au tour de la Commission de remettre au Parlement européen et au Conseil ses commentaires et conclusions sur les rapports présentés par la Roumanie, mais aussi la Bulgarie. Si l'Agence nationale de l'intégrité ne voyait pas le jour d'ici là, la Roumanie pourrait se voir imposer des sanctions notamment par l'application de mesures de sauvegarde (EUROPE n°9335). Sans anticiper une quelconque décision finale, M. Frattini, lors de son entretien avec le président Traian Basescu - Alliance Justice et vérité (DA), a souligné que les responsables politiques devaient poursuivre leurs efforts dans la lutte anti-corruption. Selon l'ONG Transparency International, le pays figure toujours en haut du tableau des pays européens où la corruption est la plus enracinée (EUROPE n°9324). Le Commissaire a par ailleurs renouvelé son appel à l'entrée en vigueur d'un nouveau code pénal. Il a aussi salué la décision de la Roumanie d'adhérer au Traité de Prüm, qui permet la collaboration renforcée des polices des Etats membres (EUROPE n°9365). Selon lui, la Roumanie est en mesure de jouer un « rôle de chef de file » dans les Balkans de l'Ouest et dans la défense de la Mer Noire. M. Frattini a ouvertement réaffirmé sa confiance dans le travail effectué respectivement par les ministres de la Justice et de l'Intérieur, Monica Macovei et Vasile Blaga - membres du Parti démocrate, ce que certains responsables n'ont pas hésité de qualifier d'interférence dans la vie politique nationale. Les deux ministres sont en effet sur la sellette puisqu'ils ont refusé la semaine dernière de co-signer une ordonnance soutenue par le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu (PNL) appelant au report des élections européennes prévues le 13 mai prochain. (bc)