login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9387
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/securite/tnp

Les députés européens insistent sur la cohésion de l'UE à la conférence préparatoire de Vienne en vue de la conférence d'examen de 2010

Strasbourg, 15/03/2007 (Agence Europe) - Souvenir de l'échec de la conférence d'examen de 2005 sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), développements nucléaires en Iran et en Corée du Nord, projet américain de défense antimissile en Europe, mais aussi lien entre le nucléaire militaire et civil étaient, mardi après-midi, au centre du débat du Parlement européen sur la non-prolifération et le désarmement nucléaire, tenu dans la perspective de la conférence préparatoire de Vienne, en avril prochain, en vue du rendez-vous de 2010, pour la prochaine Conférence d'examen du Traité. Conseil, Commission et députés européens ont souligné, à cette occasion, la nécessité d'une position cohérente et unitaire de l'Union européenne après la déception de 2005, à plus forte raison après l'essai nucléaire en Corée du Nord et face à l'inflexibilité de l'Iran sur son programme nucléaire. Plusieurs députés ont attiré l'attention sur la responsabilité des puissances nucléaires face au défi du désarmement nucléaire, et la Commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a insisté sur la notion de « bonne foi », en rappelant que la plupart des pays non nucléaires estiment que les Etats nucléaires n'ont pas fait assez pour combattre la prolifération. Le TNP reste la « pierre angulaire » de la non prolifération nucléaire, et l'UE veut son renforcement, a assuré Günter Gloser au nom de la Présidence allemande du Conseil, en plaidant pour l'équilibre entre les trois piliers du Traité: non prolifération, désarmement et utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. La conclusion d'un traité d'interdiction de la production de matières fissiles à des fins militaires serait « un pas fondamental vers le désarmement nucléaire », a estimé le secrétaire d'Etat allemand, qui a averti: en 2005, la conférence d'examen n'avait pas pu adopter un document de clôture véritablement contraignant, et cela ne doit pas se répéter en 2010. Par ailleurs, M. Gloser a relevé l'importance d'une approche multilatérale et de la poursuite d'efforts diplomatiques pour régler des crises comme celles de la Corée du Nord et de l'Iran, en s'adressant en particulier à ceux qui « s'impatientent » face à l'attitude de Pyongyang et de Téhéran. Les derniers développements positifs en Corée du Nord peuvent représenter une « fenêtre d'opportunité ailleurs », a renchéri Mme Ferrero-Waldner qui, tout en reconnaissant les défaillances du TNP, a exhorté à ne pas sous-estimer certains progrès engrangés, notamment dans le cas de la Corée, de la Libye, de l'Afrique du Sud, de l'Argentine et du Brésil. Nous espérons aussi que l'Inde s'approchera du régime du TNP, et que le Pakistan se montrera disposé à coopérer, a noté la Commissaire, pour qui un renforcement du Traité « rendra le monde plus sûr ». Le nucléaire est un domaine dans lequel la Commission européenne a de « vastes compétences » depuis le Traité Euratom de 1957, a rappelé Mme Ferrero-Waldner.

Certains députés, comme Stefano Zappalà (PPE-DE, italien), ont noté le lien entre la prolifération nucléaire et le fléau du terrorisme, d'autres, comme le président du groupe socialiste Martin Schulz, ont déploré que depuis la signature du TNP le danger nucléaire ne se soit pas amoindri, au contraire, et ont posé le problème du nucléaire civil. Comment parvenir à un monde sans armes nucléaires si nous continuons à construire des centrales nucléaires ? a demandé le social-démocrate allemand. La verte allemande Angelika Beer s'est exprimée dans le même sens, et la Britannique Caroline Lucas, au sein du même groupe Verts/ALE, a vivement critiqué le gouvernement britannique pour ses intentions concernant les missiles Trident, et a condamné « l'hypocrisie » de ceux qui développent leurs propres systèmes nucléaires tout en menant une « guerre illégale » contre d'autres pays. « Avec quelle autorité morale » peuvent-ils le faire ? a-t-elle lancé. La Présidence allemande se doit d'être très critique à l'égard de ces pays, et aussi vis-à-vis du projet américain du bouclier antimissiles en République tchèque, en Pologne et dans le Caucase, a affirmé Tobias Pflüger (GUE/NGL, allemand). En revanche, Karl von Wogau (PPE-DE, allemand) a estimé que l'Europe doit penser à sa propre sécurité, en signalant que des missiles iraniens pourraient atteindre le Sud de l'Italie ou la Grèce. « L'équilibre de la terreur » qui dominait auparavant au niveau mondial se recrée maintenant au niveau régional, a déploré l'élu européen de la CDU. Nous nous trouvons face à « un véritable cauchemar mondial », s'est inquiété Bastiaan Belder (IND/DEM, néerlandais), pour qui la crise du TNP est aussi une crise de l'ONU: « où en est l'autorité du Conseil de sécurité ? », s'est-il exclamé. La Corée du Nord doit « rentrer au bercail », alors que des pays comme l'Inde, le Pakistan ou Israël « ne montrent pas la moindre volonté d'adhérer au TNP », a enchaîné Istvan Szent-Ivanyi (ALDE, hongrois). Quant au travailliste néerlandais Jan Marinus Wiersma, il a regretté la « méfiance » qui règne, surtout après les projets américains de défense antimissile, entre les « trois principaux acteurs » - Etats-Unis, Russie et UE. Faisons de la Méditerranée une « mer de paix », sans armes nucléaires, a imploré Vittorio Emanuele Agnoletto (GUE/NGL, italien), et Achille Occhetto (PSE, italien) s'est écrié: lutter contre la prolifération, cela ne suffit pas, il faut se battre pour « le désarmement mondial ». Cependant, a-t-il admis, les pays du « club atomique », y compris la France et le Royaume-Uni, n'ont pas le droit d'empêcher le développement du nucléaire dans d'autres pays, au moment où ils empruntent eux-mêmes le chemin opposé.

Le Parlement a adopté à large majorité une résolution dans laquelle il demande d'être mieux informé et davantage impliqué dans la préparation de la Conférence d'examen de 2010: en particulier, les présidences du Conseil successives devraient lui présenter des rapports de progrès sur la mise en œuvre des 43 mesures énoncées dans la position commune de l'UE du 25 avril 2005 au sujet de la Conférence d'examen du TNP de 2005. En outre, le Parlement demande d'envoyer une délégation à la Conférence de Vienne qui se tiendra du 30 avril au 11 mai prochains pour préparer la Conférence d'examen de 2010. (mg)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT