Strasbourg/Bruxelles, 13/03/2007 (Agence Europe) - A la veille du débat que le Parlement européen doit avoir ce mercredi sur la « Déclaration de Berlin » que les présidents du Conseil, de la Commission et du PE adopteront le 25 mars prochain à l'occasion du 50ème anniversaire du Traité de Rome, les chefs des principaux groupes politiques ont fait mardi le point devant la presse sur ce qu'ils attendent de cette déclaration. Pour Martin Schulz (PSE), l'UE a besoin d'une « réforme profonde » pour la rendre capable d'agir à l'avenir et cette nécessité de réformes devra déjà figurer dans la Déclaration de Berlin qui, elle-même, doit préparer le débat constitutionnel. A propos de la revendication polonaise d'inclure dans la déclaration une référence aux racines chrétiennes de l'Europe (voir EUROPE n° 9383), M. Schulz a mis en garde le président du PE, Hans-Gert Pöttering, de ne pas se laisser entraîner dans un tel débat. « M. Pöttering serait mal inspiré s'il renforçait le débat sur les racines chrétiennes ou l'héritage chrétien de l'Europe. Ce serait contre-productif (…) Il est catholique mais [en tant que président du PE] il devrait avoir une attitude neutre pour respecter la tradition séculière ». Et M. Schulz de conclure: « Nous devons garder la formule adoptée par consensus dans le préambule du Traité constitutionnel ». Joseph Daul (PPE-DE) souligne que la Déclaration de Berlin doit « faire valoir les bienfaits d'une Europe politique et unie ». Le PPE adoptera sa propre déclaration le 24 mars, à la veille de la réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Berlin. « Nous y réaffirmerons notre attachement à l'Europe politique, à la réunification de l'Europe, à l'Alliance atlantique, aux valeurs de l'Europe, à l'euro, au marché unique, à notre proximité des citoyens européens, à la place de l'Europe dans la mondialisation et à sa présence dans le monde », a expliqué M. Daul. Graham Watson (ALDE), le chef du groupe ALDE, a critiqué le secret maintenu par la Présidence allemande autour du texte. « Demain, nous allons parler d'une déclaration fantôme, c'est incroyable ! », a-t-il lancé devant la presse. « Si la Déclaration de Berlin fait deux pages (comme l'a indiqué la Présidence allemande), ce sera une de trop. Il faut une déclaration très courte, le citoyen doit comprendre l'Europe », estime M. Watson. « Nous avons besoin d'une déclaration dans laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement soulignent que notre sécurité et notre niveau de vie élevé proviennent de la coopération européenne ». Daniel Cohn-Bendit (Verts) a commenté: « La déclaration de Berlin, c'est la boîte noire, le secret (…) La méthode du secret augmente les attentes. Nous sommes sceptiques et nous pensons que nous aurons un texte d'une extrême banalité ». Pour lui, il est clair que la déclaration doit mentionner l'euro. En outre, estime M. Cohn-Bendit, elle « devrait fixer une date pour la fin du débat sur l'avenir du Traité constitutionnel, mais quatre ou cinq Etats membres bloquent ». (eh/hb)