Bruxelles, 20/02/2007 (Agence Europe) - Selon une étude conduite par le Emerging Markets Group et présentée lundi par la Commission, la Chine offre des opportunités majeures pour les entreprises européennes en particulier dans les domaines des services, des produits à haute valeur ajoutée et des produits, technologies et services environnementaux. L'étude souligne toutefois que l'accès au marché chinois reste sérieusement restreint par les barrières non tarifaires et la faible protection des droits de la propriété intellectuelle (DPI).
Dans ses conclusions, l'étude souligne que la classe moyenne chinoise devrait atteindre 150 millions de personnes en 2010 et représente une opportunité importante pour les entreprises européennes productrices de biens de consommation ; elle évalue à 1 000 milliards d'euros en 2010 le potentiel du marché chinois en biens à haute valeur ajoutée. Le secteur des services est le secteur à croissance la plus rapide de l'ensemble de l'économie chinoise et devrait représenter 500 milliards d'euros en 2010. L'étude notant toutefois que ce secteur est celui où sont érigées les plus importantes barrières au commerce. Par ailleurs, la politique domestique chinoise visant de plus en plus à soutenir une croissance économique durable et plus respectueuse de l'environnement, le besoin chinois de produits, technologies et services environnementaux constitue une opportunité importante pour les exportateurs européens, un marché estimé à 98 milliards d'euros en 2010. L'étude souligne aussi que, pour concurrencer l'économie chinoise en matière de prix, les compagnies européennes auront besoin de produire en Chine pour être efficaces en termes de coûts. Elle précise que beaucoup des nouvelles entreprises qui établissent leur production en Chine ne le font pas pour réexporter leurs produits en Europe mais pour les vendre sur le marché chinois.
Revers de la médaille, l'étude pointe toutefois du doigt les problèmes habituels en matière d'accès au marché chinois. Elle souligne d'abord que, bien que la Chine ait fait d'importants progrès pour libéraliser son économie, beaucoup de ses engagements pris à l'OMC lors de son adhésion en 2001 ne sont pas remplis ou sont insuffisamment mis en œuvre. Les politiques industrielles agressives et les barrières réglementaires discriminatoires sont les principaux obstacles qui ne permettent pas aux compagnies européennes d'être en situation de concurrence sur le marché chinois. Selon l'étude, les secteurs de la construction, des machines, de la finance et des télécommunications sont ceux qui souffrent le plus d'un traitement inéquitable. L'étude déplore aussi que les marchés publics chinois restent « opaques et discriminatoires ». Par ailleurs, elle élève également la faible protection des DPI au rang de barrière importante au marché chinois ; elle cite notamment l'industrie européenne des machines qui estime que le vol de la propriété intellectuelle en Chine équivaut à une perte de 20% de son revenu. Enfin, l'étude évalue que les barrières non tarifaires chinoises représentent pas moins de 21,4 milliards d'euros par an de pertes d'opportunités aux exportateurs européens.
« La politique commerciale de l'Union doit presser la Chine de pleinement mettre en œuvre et dans l'esprit ses engagements à l'OMC et soutenir une plus grande libéralisation de son économie », conclut l'étude, qui recommande toutefois le dialogue et l'assistance technique plutôt que le protectionnisme. Des conclusions en phase avec celles de la stratégie adoptée en octobre dernier par la Commission (EUROPE n° 9293) dans laquelle celle-ci propose de renforcer les dialogues à tous les niveaux avec la Chine pour améliorer l'accès au marché et assurer une convergence réglementaire avant de « faire appel au système de règlement des différends lorsque tous les efforts auront échoué ». Dans sa stratégie, la Commission a énuméré plusieurs domaines prioritaires dans lesquels pousser la Chine à ouvrir ses marchés pour créer des opportunités aux entreprises européennes. Il s'agit en particulier de: l'adhésion de la Chine à l'accord OMC sur les marchés publics ; la protection adéquate des DPI, la lutte contre les transferts de technologie forcés et la lutte contre le piratage et la contrefaçon ; l'amélioration des conditions de concurrence (suppression des subventions publiques aux entreprises en particulier). Elle suggère, en outre, que l'Union soit offensive sur une série de fronts pour lever les obstacles à l'accès au marché: la réduction des pics tarifaires dans certains secteurs (textile, habillement, cuir et chaussures, céramiques et acier) ; l'élimination des barrières non tarifaires (normes d'étiquetage, autorisations d'importations, dédouanement complexe, règles douanières différentes selon les régions et exigences sanitaires…) ; l'assouplissement des « nouvelles » politiques industrielles qui, en répondant au principe de « la Chine d'abord », discriminent les opérateurs étrangers dans les industries clés (automobile, semi-conducteurs, acier et construction navale) ; élimination des restrictions à l'investissement européen dans la production de produits manufacturés (automobile, pétrochimie et acier) et dans le secteur des services. (eh)