Bruxelles, 08/01/2007 (Agence Europe) - « Préoccupé » par le désaccord entre le gouvernement et l'opposition en Albanie quant à la préparation des prochaines élections municipales, Javier Solana a averti que l'absence d'élections démocratiques « pourrait risquer de faire du tort aux progrès de l'Albanie vers l'Europe et donnerait une image négative des forces politiques du pays ». Dans un communiqué publié le 5 janvier, le Haut représentant de l'UE pour la PESC appelle les leaders du gouvernement et de l'opposition à « prendre leur responsabilité envers les citoyens albanais et à travailler de manière constructive pour permettre des élections ordonnées conformément aux échéances constitutionnelles ». Initialement prévues le 20 janvier les élections locales ont été repoussées, probablement jusqu'au 18 février. L'opposition socialiste, qui demandait ce report, a finalement eu gain de cause auprès du Premier ministre Sali Berisha. En désaccord avec le gouvernement sur différents points du scrutin, notamment les listes d'électeurs, et craignant un risque de fraude, le Parti socialiste s'inquiète en effet depuis décembre du bon déroulement des élections. Pour M. Solana, « les questions électorales sur lesquelles un accord a été atteint doivent être mises en œuvre et les questions techniques doivent être résolues rapidement par un accord négocié en commun ». Et d'espérer une « participation pleine et active de toutes les forces politiques » aux élections elles-mêmes.
Le Commissaire Olli Rehn (élargissement) a également lancé un appel aux autorités albanaises pour qu'elles garantissent un scrutin « conforme aux normes internationales ». « La manière dont l'Albanie organisera ces élections déterminera la perception que la communauté internationale aura de l'Albanie au cours des prochaines années », a déclaré lundi sa porte-parole.
Samedi, le président de la Commission centrale électorale albanaise s'est même dit sceptique sur la possibilité qu'un report des municipales au 18 février puisse assurer un bon déroulement des élections. « Le problème, ce n'est plus la date, c'est d'arriver à adopter un cadre légal complet, (qu'il est) difficile de faire voter par le Parlement dans un délai d'un mois », a-t-il expliqué. (ab)