Bruxelles, 08/01/2007 (Agence Europe) - La relance des négociations de Doha, suspendues depuis juillet dernier, devait être au centre des discussions, lundi à Washington, entre le président de la Commission José Manuel Barroso et le président américain George W. Bush et, en parallèle, les négociateurs européen et américain, le Commissaire au Commerce Peter Mandelson et la représentante au Commerce Susan Schwab. Est en jeu la réduction du plafond des soutiens internes annuels américains à l'agriculture de 23 à 15 milliards de dollars réclamée par l'Union en contrepartie d'une suppression supplémentaire de ses droits de douane agricoles qu'elle a annoncé être disposée à consentir pour se rapprocher, avec une réduction moyenne de plus de 51%, des exigences des pays émergents du G-20. Le compromis agricole euro-américain est la clé qui permettrait de débloquer les négociations: une fois validé par les puissances commerciales du G-6 (Union, Etats-Unis, Brésil, Inde, Australie et Japon), et encourageant les pays émergents à consentir des efforts en matière d'ouverture de leurs marchés des biens manufacturés (NAMA) et des services, il pourrait ouvrir la voie à un accord global.
Selon le Financial Times, lundi, tous les espoirs étaient permis pour un compromis avant la fin du mois. Après une série de réunions techniques et politiques entre Européens et Américains, « il est clair que le fossé qui nous séparait sur le terrain de l'agriculture n'a plus lieu de nourrir les craintes d'un échec des négociations », a indiqué M. Mandelson au quotidien britannique, avant de se dire confiant quant à la volonté du président Bush de parvenir à un accord. Selon plusieurs sources citées par le FT, les interventions récentes, auprès du président américain, du Premier ministre britannique Tony Blair et de la chancelière allemande Angela Merkel auraient été décisives pour le convaincre de discuter avec la délégation de la Commission. « C'est à cette étape cruciale, quand nous arrivons à la fin du jeu, qu'il est nécessaire que nous obtenions l'engagement personnel du président pour un accord », a ajouté M. Mandelson, confiant qu'il existe une chance de relancer le round de Doha après l'entrée en fonction du nouveau Congrès américain passé sous contrôle démocrate, et avant la présentation en mars d'une nouvelle loi d'orientation agricole (Farm Bill) aux Etats-Unis et l'expiration du mandat de négociation de l'administration américaine, le Trade Promotion Authority. Assurant que Washington est prêt à consentir des efforts sur les subventions agricoles, Mme Schwab s'est néanmoins montrée beaucoup plus prudente: « je pense que les discussions actuelles sont les bonnes, mais nous n'y sommes pas encore », a-t-elle affirmé au FT en soulignant la nécessité d'accomplir davantage de progrès sur le plan technique. « Les défis auxquels nous faisons face pour trouver une percée ne sont pas moins nombreux qu'ils ne l'étaient il y a un an », a-t-elle conclu. (eh)