Bruxelles, 30/11/2006 (Agence Europe) - La mission EUSEC de l'Union européenne visant à réformer le secteur de la sécurité en République démocratique du Congo (RDC) doit être renforcée. C'est le constat établi le 27 novembre devant la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen par la petite délégation ad hoc qui s'est rendue en République démocratique du Congo début novembre. « J'ai ressenti un certain découragement » au sein d'EUSEC, a expliqué le président de la commission parlementaire, le chrétien-démocrate allemand Karl von Wogau, qui menait la délégation. Les effectifs de la mission, une trentaine au total, sont trop peu nombreux vu l'ampleur de leur tâche qui porte sur tout le territoire congolais, a-t-il expliqué. Ils sont en outre confrontés à de « nombreux obstacles » au bon déroulement de leur mission comme, par exemple, la difficulté d'assurer la chaîne de paiement dans certaines provinces retirées du pays au vu des moyens de transports limités. Pour M. von Wogau, il est donc indispensable de renforcer cette opération. L'UE devrait également aider la RDC à réformer son système judiciaire complètement défaillant, qui contribue à créer un climat d'insécurité dans le pays. Une analyse partagée par la députée socialiste portugaise Ana Maria Gomes, également du voyage, pour qui tout ce que fait l'UE en matière de réforme de la police et de l'armée sera inutile « si on ne fait rien pour rétablir le système judiciaire (congolais) qui est complètement corrompu ». Une possibilité à laquelle réfléchit déjà l'UE. Celle-ci, qui devrait décider tout prochainement de prolonger jusqu'en juin 2007 le mandat de sa mission de police en RDC, EUPOL Kinshasa, envisagerait en effet, à plus long terme, d'intégrer EUPOL Kinshasa et EUSEC, dont le mandat arrive à échéance le 30 juin 2007, dans une mission PESD plus large à laquelle s'ajouterait une composante « justice ».
L'autre grand sujet de discussion fut naturellement l'opération EUFOR de l'UE en RDC, dont le mandat s'achève le 30 novembre. Si pour M. von Wogau, l'EUFOR a rempli sa mission et doit se retirer après quatre mois, comme le prévoit son mandat (voir EUROPE n°9307), Mme Gomes estime que le fait de définir un mandat sur une base temporaire, comme ce fut le cas pour EUFOR RDC, est totalement « arbitraire » et sans lien avec ce qui se passe sur le terrain. Selon elle, la mission ne devrait pas prendre fin une fois le processus électoral terminé, « car c'est souvent là que les problèmes commencent », mais « les troupes (européennes) auraient dû avoir un mandat au moins jusqu'au mois de janvier ». Auparavant, l'ambassadeur finlandais auprès du Comité politique et de sécurité de l'UE (Cops), Teemu Tanner, venu présenter devant la commission les derniers développements en matière de politique européenne de sécurité et de défense (PESD), avait toutefois réaffirmé qu'il n'y aurait pas de prolongation du mandat de l'EUFOR au-delà du 30 novembre et, qu'à cette date, les troupes sur le terrain ne pourront utiliser la force qu'en cas de légitime défense ou d'assistance à personne en danger (voir EUROPE n°9305). Autre problème soulevé par Mme Gomes, le stationnement de troupes en réserve au Gabon. La députée a critiqué ce dispositif dans la mesure où le général français Christian Damay, commandant les troupes sur le terrain, « a souvent dû faire appel à ces troupes (stationnées) si loin » avec les besoins que cela nécessite en termes de transports et les problèmes que cela peut poser en cas de crise nécessitant une réaction rapide. (dt)